Municipales 2020 à Amiens: Les problèmes de circulation risquent de chahuter la campagne

POLITIQUE A un an des municipales, « 20 Minutes » liste les enjeux de l’élection. A Amiens, on va parler des problèmes de circulation, de l’avenir des transports en commun et de la place de la ville dans la région des Hauts-de-France

Gilles Durand

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La maire (UDI) d'Amiens, Brigitte Fouré, candidate pour garder son siège en 202.
La maire (UDI) d'Amiens, Brigitte Fouré, candidate pour garder son siège en 202. — J. Witt / SIPA
  • Les enjeux des municipales de 2020 à Amiens vont se concentrer sur les problèmes de circulation.
  • En mai, des bus à haut niveau de service doivent commencer à rouler dans l’ancienne capitale picarde.
  • La maire (UDI), Brigitte Fouré, a annoncé qu’elle se représenterait.

Des autobus nommés désir ? A défaut de tramway, la ville d’Amiens va donc inaugurer, le 11 mai, son nouveau réseau de bus à haut niveau de service (BHNS) : 43 véhicules articulés, de 18 m de long, chargés de rendre la circulation urbaine plus fluide. Car les problèmes de transports risquent, une fois de plus, de jouer un rôle majeur dans la campagne des municipales qui se tiendra en 2020.

La maire (UDI) Brigitte Fouré, s’y prépare déjà. Elle a annoncé, en novembre, qu’elle briguait un nouveau mandat, en partenariat avec Alain Gest, le président (LR) d’Amiens Métropole. « C’est vrai qu’en ce moment, la circulation est difficile. Mais une ville, c’est comme une grande maison. Il faut passer par la période des travaux pour apprécier plus tard », souligne-t-elle.

« Elle critiquait les travaux pour le tramway »

La maire joue gros dans ce dossier car elle avait dénoncé un projet de tramway lors de la précédente campagne, en 2014. Ce que ses opposants n’hésitent pas à rappeler. « Elle critiquait les travaux pour le tramway qui devaient gêner la circulation. Finalement, on a quand même les travaux et, en plus, la rentabilité de l’usage sera moindre qu’avec un tramway. Les bus se retrouveront parfois dans les embouteillages », reproche Remi Cardon.

A 24 ans, il est le nouveau premier secrétaire fédéral du PS de la Somme. Ce nouveau venu en politique a décidé de s’ancrer dans un collectif baptisé « Amiens résolument à gauche », lancé par l’élu d’opposition, Thomas Hutin, écologiste indépendant. « Le programme reste à bâtir, mais nous avons déjà des enjeux en tête », annonce ce dernier.

De l’autre côté de l’échiquier politique, le candidat RN, Yves Dupille, fulmine aussi contre « les travaux d’aménagement pour les bus ». « Ça rend la circulation très difficile, la signalisation est mal faite et la situation ne va pas s’améliorer », assure-t-il, promettant de « réparer les dégâts concernant les déplacements ».

Des transports en commun gratuits ?

C’est dire si la réussite de ce nouveau réseau de transport en commun sera scrutée par les candidats. Comme atout, la mairie a décidé de rendre le rendre gratuit le premier mois, puis le samedi.

« La question des déplacements est cruciale : il faut étudier la possibilité d’une gratuité totale. De plus en plus de gens habitent loin du centre-ville car l’accès au logement est compliqué. Beaucoup de logements appartiennent au secteur privé », ajoute Thomas Hutin qui évoque aussi « la difficulté de survie des commerces indépendants du centre-ville ».

Pour Yves Dupille, il va falloir aussi « s’occuper des quartiers traditionnels oubliés où l’habitat vieillit ». « La population n’est pas très riche pour engager les travaux de rénovation », explique l’élu municipal, qui compte déjà trois mandats depuis 1983.

L’enjeu, ce sont les emplois qui partent

Le problème du logement, Brigitte Fouré le suggère aussi à travers « l’accession sociale à la propriété ». « Le dispositif que nous avons mis en place ne touche pas beaucoup de personnes, mais il est efficace », affirme celle qui prône la « qualité de vie » et le « bien vivre ensemble ».

Enfin, cette campagne sera l’occasion de questionner la place d’Amiens dans la région des Hauts-de-France. La ville a vu disparaître son statut de capitale régionale en même temps que la suppression de la Picardie.

« L’enjeu, ce sont les emplois qui partent », dénonce Thomas Hutin. La maire s’en dit consciente : « Derrière cette question, c’est effectivement le développement économique du territoire qui est en jeu ».