Municipales 2020 à Brest: Tram, sécurité et attractivité. Quels sont les enjeux du scrutin ?

POLITIQUE A un an des municipales, «20 Minutes» liste les enjeux de l’élection. A Brest, on va parler de transports, de sécurité et d’attractivité du territoire

Jérôme Gicquel

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Brest est en pleine transformation depuis quelques années, à l'image du quartier des Capucins.
Brest est en pleine transformation depuis quelques années, à l'image du quartier des Capucins. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • En pleine métamorphose, la ville de Brest est dirigée depuis 2001 par le socialiste François Cuillandre.
  • La République en marche aimerait bien faire tomber le bastion brestois l’an prochain.
  • La campagne devrait tourner autour des questions de sécurité, de l’attractivité du territoire et de la deuxième ligne de tram.

Brest la grise a retrouvé des couleurs ces dernières années. Toute fière de son téléphérique, la cité du Ponant a un peu cassé son image froide et austère sous le mandat de François Cuillandre, aux manettes de la ville depuis 2001. A un an de l’élection, on ne sait toujours pas s’il se représentera pour un quatrième mandat. S’il repart au combat, la bataille s’annonce féroce avec la République en marche qui ne cache pas ses ambitions de faire tomber le bastion brestois. D’autant que les sujets qui risquent d’animer la campagne ne manquent pas. 20 Minutes fait le point.

Une deuxième ligne de tram à valider

Après 68 ans d’absence, l’ancien réseau ayant été totalement détruit lors des bombardements, le tramway avait fait son grand retour à Brest en 2012 avec la mise en service de la ligne A. Longue de 14,3 kilomètres, elle dessert 28 stations et relie la porte de Plouzané à l’ouest aux portes de Gouesnou et de Guipavas à l’est.

Le futur maire de Brest devra trancher sur le tracé de la deuxième ligne de tram.
Le futur maire de Brest devra trancher sur le tracé de la deuxième ligne de tram. - J. Gicquel / 20 Minutes

Il est déjà quasiment acté qu’une deuxième ligne verra le jour entre la gare et l’hôpital de la Cavale-Blanche. Mais tout n’est pas encore bouclé, loin de là, et ce sera au futur maire de trancher, notamment quant au tracé exact de la ligne. Le calendrier reste lui aussi assez flou. Les premiers coups de pioche ne démarreront de toute façon pas avant les élections municipales. Vice-président de Brest Métropole en charge des transports et possible candidat au fauteuil de maire, Yohann Nédélec tablait début février dans la presse locale sur un démarrage des travaux en 2021 avec une mise en service prévue en 2025. Voilà pour les prévisions, mais l’élection n’est pas encore jouée, et le projet susceptible d’être modifié.

La police municipale et la vidéosurveillance en débat

Brest est avec Paris la seule grande ville française à ne pas avoir de police municipale. Courant janvier, Anne Hidalgo a annoncé que la capitale en sera dotée en 2020. Dans la cité du Ponant, le sujet ne manquera pas de s’inviter dans la campagne des municipales. Le maire socialiste actuel François Cuillandre s’y est toujours refusé, restant fidèle à ses principes. L’opposition en revanche la réclame à cor et à cri depuis plusieurs années, remettant régulièrement le dossier sur la table.

Autre particularité brestoise, la ville ne dispose d’aucune caméra de vidéosurveillance, hormis celles installées sur son réseau de transports. Là aussi, le maire de Brest s’y montre réfractaire, estimant qu’elles ne régleront pas le problème de la délinquance. Selon lui, la solution passe par une hausse des effectifs de la police. Cet automne, il a ainsi annoncé que sa ville était candidate à la police de sécurité du quotidien (PSQ).

Une métropole qui doit s’agrandir

Avec environ 210.000 habitants regroupés sur huit communes, Brest est la plus petite des 22 métropoles françaises. Afin d’être plus visible et peser davantage à l’échelle nationale, la métropole doit donc s’agrandir. C’est en tout cas le souhait de François Cuillandre qui, avec le soutien du monde économique, milite en faveur d’un élargissement de son périmètre.

Pour le maire de Brest et président de la métropole, la bonne taille serait de l’élargir à l’ensemble du Pays de Brest, qui compte près de 420.000 habitants. Mais il va falloir convaincre les élus des autres communes, ce qui est loin d’être gagné. Mi-décembre, les élus de la communauté de communes Presqu’île de Crozon-Aulne Maritime ont ainsi voté à une large majorité contre le projet de fusion.

Une attractivité à renforcer

C’est un événement qu’a connu Brest en fin d’année avec la publication des chiffres officiels de l’Insee. Pour la première fois depuis 1999, la ville a regagné des habitants. Au 1er janvier 2016, Brest comptait ainsi 139.342 habitants, soit 179 de plus qu’en 2015. Une tendance qui reste à confirmer dans les années à venir. « Les néo-Brestois ont plutôt tendance à s’installer dans les communes voisines, le long de la côte. La ville centre a un problème d’attractivité même si l’image de Brest a changé ces dernières années, est plus moderne », assure le consultant en communication Ronan Le Flécher, fin connaisseur des dossiers brestois.

Le téléphérique de Brest, en travaux au mois d'août 2016
Le téléphérique de Brest, en travaux au mois d'août 2016 - Crédit FRED TANNEAU / AFP

La cité du Ponant a en effet inauguré son téléphérique, nouvel emblème de la ville, ainsi que le plateau des Capucins. Il lui reste maintenant à rénover son parc locatif vieillissant et à construire des logements neufs. La démilitarisation progressive de la Penfeld lui offrira pour cela de belles perspectives dans un avenir un peu plus lointain.