Municipales à Lyon: Quels sont les sujets urgents à aborder pendant la campagne?

POLITIQUE A un an des municipales, «20 Minutes» liste les enjeux de l'élection. A Lyon, on va parler de pollution, de logement et de transports

Caroline Girardon

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La pollution à Lyon risque fortement de s'inviter dans les débats lors de la campagne pour les Municipales.
La pollution à Lyon risque fortement de s'inviter dans les débats lors de la campagne pour les Municipales. — K.Konrad / Sipa
  • Dans un an, les électeurs se rendront aux urnes pour élire le maire de Lyon et le président de la Métropole.
  • La campagne électorale devrait être animée par des sujets urgents sur lesquels les candidats ne pourront pas faire l’impasse.
  • 20 Minutes liste les enjeux de l’élection.

Dans un an, les électeurs seront appelés aux urnes pour élire leur maire. Ceux de Lyon, devront pour la première fois désigner également le futur président de la Métropole. Les candidats se présentant aux deux élections ne pourront pas faire l’impasse sur les sujets suivants.

Sortir de la pollution

Selon un rapport établi par l’Organisation mondiale de la santé en 2018, Lyon serait LA ville française la plus polluée, devant Marseille et Paris. Les facteurs, pris en compte dans le classement, sont nombreux et variés : contamination des sols au plomb, chrome ou hydrocarbures, taux de nitrate dans l’eau et pics de pollution de l’air.

Depuis plusieurs années, Lyon tousse inlassablement, hiver comme été. En 2016, 47.000 habitants de l’agglomération ont été exposés à des valeurs de dioxyde d’azote supérieures au seuil réglementaire fixé par l’OMS. 93 % de la population a également respiré des émissions de particules fines, là encore bien supérieures à la moyenne acceptée. Un sujet qui inquiète. En témoigne la dernière marche pour le climat ayant réuni entre 18.000 personnes (selon la police) et 40.000, selon les organisateurs.

La municipalité et la Métropole de Lyon ont pris des mesures, s’engageant à réduire de moitié le nombre de personnes exposées en 2020 et à atteindre le seuil fixé par l’OMS à l’horizon 2030. Et n’ont pas hésité à communiquer très largement sur le sujet. Elles se sont attaquées aux chaufferies d’immeubles mal réglées et aux combustibles de mauvaise qualité. Elles ont également décidé d’instaurer une zone à faibles émissions en centre-ville, interdisant aux camions et aux véhicules utilitaires légers les plus polluants de circuler en presqu’île à partir du 1er janvier 2020. Des efforts salués par les élus écologistes.

Toutefois, la « pédagogie » est pour l’instant préférée à la verbalisation, notamment lors des opérations de contrôle effectuées les jours de circulation différenciée. Par ailleurs, les collectivités pourraient inciter les TCL à développer la gratuité des transports en communs les jours où ce dispositif est enclenché. Aujourd’hui, le Sytral propose un ticket à 3 euros la journée.

Des logements toujours plus chers

Ce n’est un secret pour personne : les prix de l’immobilier se sont envolés, faisant de Lyon la troisième ville la plus chère de France en 2018 selon le dernier baromètre du site Seloger.com. Alors qu’elle était classée au 11ème rang en 1997. Si Paris se situe loin devant, la Capitale des Gaules talonne Bordeaux. Il faut désormais compter 4.591 euros le mètre carré en moyenne, soit 264 euros de plus qu’en 2017.

Dans certains quartiers, le compteur s’affole. Dernièrement, des appartements de la nouvelle tour Ycone de Jean Nouvel, érigée dans le quartier Confluence, se sont vendus à 10.000 euros le mètre carré. Même tarif pour le programme Lugdunum niché sur les hauteurs de Fourvière ou le « 31, place Bellecour ».

La raison : une pénurie de logements due à un manque de constructions. Un exemple : en 2018, 15.200 logements neufs ont été accordés, soit une baisse de 8 % par rapport à l’année précédente. Dans l’ancien, où les prix augmentent également, peu d’offres sont proposées à l’achat.

L’opposition n’a pas manqué de s’emparer du sujet. Les maires de Saint-Priest, Rillieux-la-Pape, communes de l’est lyonnais, ont dénoncé « l’exclusion des classes moyennes » du centre-ville de Lyon, « obligées de réfugier dans les périphéries ». « Lyon est devenue une citadelle imprenable, une ville réservée aux classes les plus favorisées et aux quelques bénéficiaires du parc social », s’est indigné Stéphane Guilland, porte-parole du groupe des Républicains et Apparentés, pointant du doigt « la politique d’aménagement urbain » menée par Gérard Collomb depuis plusieurs décennies.

Le réseau des transports en commun est-il suffisant ?

En six ans, le Sytral s’est attaché à renforcer le maillage du territoire afin de relier plus efficacement les différents quartiers de Lyon et mieux desservir, plus généralement, l’agglomération lyonnaise. Ainsi, la ligne de tramway T6, qui reliera Debourg aux hopitaux de l'Est lyonnais, doit être mise en service à la fin de l’année. La ligne B du métro prévoit de rejoindre Saint-Genis-Laval à l'horizon 2023.

Il reste toutefois quelques gros points noirs. Parmi lesquels la fréquence des tramways. Les usagers de l’est lyonnais notamment doivent patienter entre 20 et 22 minutes le soir et le week-end, entre chaque passage. Le Sytral a néanmoins augmenté la cadence début mars, pour ramener la fréquence à 15 minutes. Longtemps réclamée par les voyageurs, la circulation des métros jusqu'à deux heures du matin le week-end est annoncée pour la fin de l’année 2019.

Quant à l’Ouest lyonnais, il souffre cruellement d’un manque de transports. Et il faudra patienter jusqu’en 2030 pour voir l'arrivée du métro E, si le calendrier ne prend pas de retard ou que le projet ne se trouve pas ajourné. Et encore, la ligne s’arrêterait au quartier d’Alaï.

Décongestionner le centre-ville

En 2015, Lyon était la deuxième ville la plus embouteillée de France, selon l'Inrix. Elle se classe au 5ème rang désormais. 

Le déclassement de l'autoroute A6-A7 devrait en partie résoudre le problème dans les années à venir et éviter que 44.000 poids lourds ne transitent quotidiennement par le centre à l’horizon 2025.

Problème : sans la réalisation de l’Anneau des Sciences (contournement ouest de l’agglomération), le trafic devrait majoritairement se reporter sur la Rocade est, empruntée chaque jour par 25.000 véhicules et donc largement saturée. Le dossier traîne depuis 2012. Les plus optimistes parlent d’une mise en service en 2030. Il reste à savoir si le prochain président de la Métropole décidera de poursuivre les études, dont le coût a triplé (6 millions d’euros désormais) sur le sujet, ou de jeter l’éponge. Car l’Anneau des sciences est un sujet fortement décrié par les militants écologistes.