Municipales 2020 à Strasbourg: Vélo, GCO et attractivité de l'agglo, quels enjeux pourraient être débattus pendant la campagne?

POLITIQUE A un an des municipales, «20 Minutes» liste les enjeux de l'élection. A Strasbourg, on va parler de rayonnement, de la cohabitation vélo/piéton ou encore de l'urbanisme

Alexia Ighirri

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Un chantier au centre-ville de Strasbourg. Le 18 03 2019.
Un chantier au centre-ville de Strasbourg. Le 18 03 2019. — G. Varela / 20 Minutes
  • Un an avant les élections municipales de 2020, «20 Minutes» liste les enjeux de la campagne et du scrutin.
  • A Strasbourg, les questions du rayonnement de la ville, de la cohabitation vélo/piéton ou encore de la densification urbaine vont sans doute s'inviter dans les débats.

A un an des élections municipales, quelques-uns se sont déjà déclarés candidats, entamant leur campagne et l’élaboration de leur projet pour Strasbourg. Qui succédera au maire socialiste Roland Ries ? La capitale alsacienne connaîtra-t-elle un chamboulement ? Pas forcément, à en croire le politologue Philippe Breton : « La ville est gérée au centre et il ne risque pas d’y avoir un bouleversement dans la politique urbaine. Il y a un assez grand conservatisme sur le mode de développement urbain actuel », assure le directeur de l’ Observatoire de la vie politique en Alsace (Ovipal) qui ne voit « pas de cristallisation politique sur de grands dossiers en ville » ou autres « sujets clivants ». Sur quoi pourraient alors porter les débats en 2020 ?

Assurer le rayonnement et le statut de capitale européenne

Strasbourg a des atouts et son futur maire devra s’évertuer à le faire savoir. Parmi lesquels, la présence des institutions européennes, dont le siège du Parlement européen est régulièrement -et encore récemment- remis en cause. « On a une chance incroyable d’avoir les institutions européennes. Il est essentiel de faire en sorte que le Parlement se maintienne. Ça doit être l’un des objectifs prioritaires du maire, martèle le candidat Les Républicains Jean-Philippe Vetter. Il y a plusieurs cordes à notre arc que l’on n’a pas utilisé. Le maire de Strasbourg doit être constamment au Parlement européen pendant les sessions pour créer du lien, son boulot c’est d’être un VRP de Strasbourg. »

S’il n’est « pas certain que ce soit une préoccupation prioritaire des Strasbourgeois », le candidat socialiste Philippe Bies confirme : « On doit travailler au maintien du Parlement européen et se donner un peu plus de moyens pour le faire : toutes les collectivités locales doivent être un peu plus proactives pour défendre le statut de Strasbourg. L’appui du gouvernement est nécessaire, mais il ne suffit pas ». Outre le lobbying, il faut en parallèle, selon lui, « mettre en œuvre des politiques innovantes pour améliorer la qualité de vie ici : que la ville soit agréable à vivre, qu’il y ait de l’emploi, sur la question de la mobilité. »

Faire cohabiter vélo, piéton ou trottinettes dans l’espace public

Dans la capitale du vélo, la gestion des différents modes de déplacements est un dossier permanent. Et la cohabitation entre cyclistes et piétons, notamment, n’est pas toujours simple. Si bien que cette question, ou du moins la recherche de solutions, pourrait être discutée durant la campagne. Un militant écologiste souffle que le « vivre-ensemble dans l’espace public », qu’il s’agisse des bus, vélos ou trottinettes, pourra en être un enjeu. Jean-Philippe Vetter souhaite aussi qu’un « équilibre soit trouvé entre piétons et cyclistes pour assurer la tranquillité de chacun », et suggère de « peut-être demander aux sociétés de livraison de nourriture par vélo de s’engager pour que leurs livreurs aient la possibilité de rouler moins vite ».

L’ombre du GCO et l’avenir de l’A35

Si le dossier et le début des travaux du Grand contournement ouest (GCO) se sont souvent invités dans l’actualité de ces derniers mois, le sujet pèsera-t-il encore dans un an ? « Le GCO ne sera pas un enjeu structurant de la campagne, mais je crois que des positions claires sur ce sujet seront attendues. Parce qu’elles seront révélatrices des positionnements de chacun par rapport à l’écologie », répond Silvio Philippe, co-animateur d’EELV Strasbourg-Eurométropole. D’autres voix imaginent que le sujet pourra être abordé mais par l’angle de l’avenir de l’autoroute A35 lié au GCO. A l’instar de Philippe Bies : « Je pense qu’il faut élargir le débat sur la requalification, voire la destruction, de l’A35. Il faut qu’on arrive à avoir une vision, comme pour le secteur des Deux-Rives. »

Densification urbaine ou « bétonisation »

Lors des dernières municipales, la droite critiquait la majorité socialiste sortante sur la « bétonisation » de la ville. Bis repetita en mars 2020 ? « Aujourd’hui on fait vite, pas cher et béton, reproche encore Jean-Philippe Vetter. Dès qu’on a une parcelle de terrain libre, on construit, au lieu de faire des espaces verts. On bétonne la ville et on tombe sur des espaces hyperdensifiés, avec des bâtiments qui ressemblent à ceux des années 1970. Alors qu’on peut faire du dense et du beau avec des espaces de respiration, un cœur de quartier… » Dans les rangs des Verts, on estime aussi que la densification urbaine sera discutée, parce qu’il s’agira de trouver « un équilibre entre densifier, pour éviter de manger les terres agricoles, et préserver des espaces de nature en ville ».

Un nouveau mode de gouvernance

Deux des candidats déjà déclarés, pour la droite et la gauche, ont évoqué le sujet de la gouvernance entre la ville et l’Eurométropole. « La politique de la ville étant automatiquement liée à l’Eurométropole, que ce soit sur les mobilités, la gestion des déchets ou autres », Philippe Bies s’interroge : « Au-delà de la question des hommes et femmes, quelle vision veut-on donner, ? Quelle serait la meilleure organisation ? »
Jean-Philippe Vetter est plus catégorique : « Le maire ne peut pas être président de l’Eurométropole, il doit être maire à plein-temps. »