Municipales 2020 à Aix-en-Provence: Transparence de la vie publique, métropole, urbanisme... Quels sont les enjeux de l'élection?

POLITIQUE A un an des municipales, « 20 Minutes » liste les enjeux de l’élection. A Aix-en-Provence, on va parler de transparence de la vie publique, mais aussi d’écologie et d’urbanisme

Mathilde Ceilles

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Maryse Joissains lors de son procès en appel en mars 2019
Maryse Joissains lors de son procès en appel en mars 2019 — Pascal Guyot / AFP
  • A Aix-en-Provence, la maire souhaite briguer un quatrième mandat malgré ses démêlés judiciaires. 
  • La question de la transparence de la vie politique, mais aussi de l'écologie, risquent d'être au coeur de la campagne des prochaines municipales.

Dans un an, les Aixois seront appelés aux urnes pour choisir leur maire, dans un contexte politique un peu spécial. Leur édile depuis 2001, Maryse Joissains, a été condamnée en première instance à dix ans d’inéligibilité dans le cadre d’une affaire d’emplois de complaisance. Même si la maire a fait appel, cette décision ne manquera pas de planer au-dessus de la campagne des municipales​, alors que l’édile est candidate à sa propre succession. 20 Minutes fait le point sur les enjeux du scrutin aixois.

Transparence de la vie politique

Elle l’a annoncé publiquement : Maryse Joissains souhaite briguer un quatrième mandat. Mais l’édile a été condamnée en juillet 2018 par le tribunal correctionnel de Montpellier à un de prison avec sursis et dix ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics et prise illégales d’intérêts. La maire d’Aix est accusée d’avoir indûment promu son chauffeur. Elle a toutefois fait appel de cette décision et clame son innocence.

De plus, depuis quelques semaines, c’est le service de l’urbanisme qui est dans le viseur de la justice. Selon une information de nos confères de Marsactu, le parquet d’Aix-en-Provence a ouvert une information judiciaire le mois dernier pour éclaircir les conditions d’attribution de plusieurs marchés publics d’urbanisme.

La question de la transparence de la vie politique aixoise risque donc, cette fois encore, d’animer les débats lors de la prochaine campagne pour les municipales. « Cela pèse à chaque élection à Aix-en-Provence, avec ce fonctionnement clanique, note Gaëlle Lenfant, élue socialiste d’opposition à la mairie d’Aix. Cette thématique existait déjà du temps d’Alain Joissains. » Maire d’Aix-en-Provence entre 1978 et 1983, l’ancien compagnon de Maryse Joissains a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour « recel d’abus de bien sociaux ».

« Il y a dans le pays une vraie défiance envers les politiques, et les gens ne veulent pas de quelques policitiens qui servent leurs intérêts particuliers, peut-être plus fortement à Aix-en-Provence qu’ailleurs, affirme Gaëlle Lenfant. Depuis des années, les gens viennent nous voir en me disant qu’ils en ont marre des Joissains et de leur clientélisme. » « Dans l’affaire Joissains, quand le juge, en première insance, pointe le fait qu’un élu se doit d’être irréprochable, c’est pour moi le b.a.-ba de l’engagement, tacle Anne-Laurence Petel, députée LREM d’Aix-en-Provence. Un élu doit être au-dessus de tout soupçon. »


Quelle place d’Aix dans la future grande métropole ?

Le ou la prochain(e) maire d’Aix-en-Provence devra composer avec cette nouvelle réforme menée par le gouvernement : d’ici peu, le département des Bouches-du-Rhône et la métropole d’Aix-Marseille ne feront certainement plus qu’un. Dans cette importante collectivité territoriale cohabiteront deux villes d’envergure que sont la grande Marseille et sa petite sœur aixoise.

Or, l’actuelle maire d’Aix-en-Provence s’oppose vivement à cette fusion dans laquelle Aix-en-Provence serait selon elle reléguée au second plan. Lors de sa cérémonie de vœux, Maryse Joissains a même indiqué avoir écrit au gouvernement à ce propos. « On pourrait faire une métropole dans laquelle le conseil départemental aurait fusionné et deux grands territoires, suggère-t-elle au micro de La Provence. Ou alors j’ai proposé qu’il y ait deux métropoles, celle de Marseille et celle d’Aix. »

« Maryse Joissains joue avec les peurs, Aix a forcément sa place dans cette métropole, estime Gaëlle Lenfant. Elle bénéficie d’un rayonnement culturel, c’est une importante ville universitaire… Elle bénéficie d’une identité suffisamment importante pour ne pas avoir de peur de Marseille et Aix ont toujours été en lutte, mais il faut bâtir les projets en cohérence. » « Quand on veut peser, il ne faut pas se mettre à l’écart, mais plutôt prendre la locomotive en marche », insiste Anne-Laurence Petel.

Une vision de l’urbanisme critiquée

Après une quinzaine d’années à la tête d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains essuie de nombreuses critiques quant à sa gestion de l’urbanisme dans la sous-préfecture des Bouches-du-Rhône. « On ne fait pas d’urbanisme aujourd’hui à Aix, on fait de la construction, lance Anne-Laurence Petel. Il y a à Aix des incohérences au niveau de l’aménagement, comme dans le quartier Beauvalle où l’on retrouve des architectures très différentes. On crée aussi des îlots de chaleurs, en enlevant de la végétalisation au profit du béton ! » « Sur certains projets, il n’y a pas de réflexion, abonde Gaëlle Lenfant. Certains quartiers ont été extrêmement mal faits, et risquent de poser bientôt souci ! »

L’écologie

La polémique avait fait grand bruit. En avril dernier, la mairie d’Aix-en-Provence avait décidé de planter sur le Cours Mirabeau, axe emblématique de la ville, des érables de Norvège. Un arbre qui ne résisterait pas à la chaleur provençale selon certains spécialistes. Une décision emblématique de la politique municipale selon l’opposition, qui voit en l’écologie un axe phare de la future campagne municipale. « Le bus à haut niveau de service, c’est bien, mais il faut penser aussi à des transports plus doux comme le vélo, soupire Gaëlle Lenfant. Et quand je vois les travaux aux abords du palais de justice… On arrache des arbres pour mettre du béton, mais les arbres apportent de la fraîcheur dans une ville provençale. Va-t-on mettre des brumisateurs à la place ? »

« Cette municipalité a complètement nié l’enjeu environnemental, affirme Anne-Laurence Petel. Il n’y a pas de mobilité douce à Aix-en-Provence, pas de réflexion pour une ville autonome en énergie… Or, dès lors que la problématique environnementale impacte clairement la vie des personnes, via la pollution par exemple, c’est un sujet qui les intéresse ! »

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