Françoise de Panafieu à 20 Minutes: «Je me suis demandée où on allait»

Recueilli par Mickaël Bosredon- ©2008 20 minutes

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La candidate UMP à la mairie de Paris Françoise de Panafieu conserve le XVIIème (52,7%), par un score serré contre la socialiste Annick Lepetit (47,3%). La ministre de la Justice Rachida Dati l'emporte comme prévu dans le VIIème (57,7%).
La candidate UMP à la mairie de Paris Françoise de Panafieu conserve le XVIIème (52,7%), par un score serré contre la socialiste Annick Lepetit (47,3%). La ministre de la Justice Rachida Dati l'emporte comme prévu dans le VIIème (57,7%). — Stephane de Sakutin AFP

Françoise de Panafieu, ex-candidate UMP à la mairie de paris revient sur la campagne des municipales.

Vous venez d'annoncer que vous ne reprendrez pas la mairie du 17e, malgré votre réélection. A quel moment l'avez-vous décidé?

En octobre dernier. J'avais le sentiment d'avoir fait le maximum et surtout que, compte tenu de l'évolution sociologique dans le 17e, il fallait quelqu'un d'autre. Brigitte Kuster correspond au profil. Elle est en prise avec la nouvelle population, et elle avait fait un bon score aux dernières législatives. Elle a tout pour être un bon maire d'arrondissement.

Etait-ce important qu'une femme vous succède?

Oui, car quand je regarde les huit arrondissements que nous avons conservés, il devrait y en avoir encore six dirigés par des hommes. Il faut donner toute leur place aux femmes. Pour la suite, c'est important.

La campagne que vous avez menée n'a pas été facile. Quelle analyse en faites-vous?

On m'avait prévenue qu'elle serait dure, elle l'a été. Surtout face à un maire sortant dont le bilan était apprécié par une bonne partie de la population. Mais une campagne, c'est le moment de donner le meilleur de vous-même, aucune faiblesse n'est tolérée. J'ai essayé de ne pas me laisser entraîner par les critiques ou les déstabilisations. J'ai quand même réussi à fédérer tout le monde, et je les ai amenés à bon port, puisqu'au final nous conservons nos huit arrondissements. Ce n'est pas si mal.

Y a-t-il eu tout de même des moments plus durs que d'autres?

Oui, il y a eu deux phases. La première au tout début de la campagne, quand les attaques venaient de mon propre camp, de la part de personnes qui n'étaient pas légitimes.

Vous pensez à Bernard Debré?

Notamment. Le second moment difficile a été au lendemain du premier tour. Là, je me suis demandée où on allait, et j'ai eu peur de ce qui nous attendait. Cela a duré quelques heures, puis il a fallu repartir.

Comment voyez-vous l'avenir de l'UMP?

Il faut engager un travail de fond sur la nouvelle sociologie parisienne. En dix ans, la population a été renouvelée de 50 %. Les nouveaux habitants ont un nouveau mode de vie, un nouveau langage. Ils sont sensibles à des sujets comme Vélib', et moins à l'habitat insalubre. Et ils ne sont ni à droite ni à gauche.

Vous pensez donc que Paris est reprenable?

Bien sûr ! Mais il faudra savoir s'adresser à nos électeurs, qui ne se reconnaissent plus vraiment à l'UMP. C'est quoi la droite aujourd'hui à Paris? C'est l'UMP bien sûr, mais c'est aussi 50% du MoDem. Or le MoDem n'existe plus. Ce n'est pas pour autant que nous devons laisser tomber ses électeurs. Mais il faudra venir vers eux avec un projet.