Pierre Cohen s'empare du Capitole

MUNICIPALES A TOULOUSE La ville était à droite depuis 37 ans...

Béatrice Colin, Hélène Ménal
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Dix mois après sa défaite aux élections présidentielle et législatives, le PS s'est refait une santé électorale éclatante en ravissant à la droite nombre de villes de plus de 30.000 habitants, dont Toulouse selon les premières estimations, dans un scrutin qui a pris l'allure d'une véritable vague rose.
Dix mois après sa défaite aux élections présidentielle et législatives, le PS s'est refait une santé électorale éclatante en ravissant à la droite nombre de villes de plus de 30.000 habitants, dont Toulouse selon les premières estimations, dans un scrutin qui a pris l'allure d'une véritable vague rose. — Eric Cabanis AFP

Détenues depuis 37 ans par la droite, les clés du Capitole sont aujourd'hui entre les mains de la gauche. Hier soir, la liste menée par le socialiste Pierre Cohen l'a emporté avec 50,58% des voix (98, 7% de dépouillements), contre 49,47% pour le maire sortant, Jean-Luc Moudenc (centriste investi UMP). Une nouvelle accueillie avec joie par les militants PS, réunis massivement devant le local de campagne de Cohen. C'est entouré des présidents de la région et du département, Martin Malvy et Pierre Izard, que le nouveau maire a remercié ses électeurs avant de les inviter à fêter la victoire sur la place du Capitole. 

L'appel lancé aux abstentionnistes durant l'entre-deux tours et le porte-à-porte dans certains quartiers populaires a certainement joué en sa faveur. Malgré le refus de fusionner au second tour avec l'Autre liste de François Simon et la liste Debout ! (LCR/Motivé-e-s), Cohen semble avoir bénéficié en partie du report des voix de leurs électeurs (10,49 % au premier tour). 

A l'inverse, la stratégie de fusion adoptée par Moudenc n'a pas suffi. Le ralliement du MoDem Jean-Luc Forget n'a certainement pas convaincu ll'ensemble des  5,9 % d'électeurs qui s'étaient prononcés en sa faveur. Le soutien affiché de Dominique Baudis n'a pas été décisif non plus. C'est dans une ambiance triste que ses partisans ont accueilli ces résultats. « Nous avions un bon bilan, ça n'a pas suffi. Est-ce que c'est la vague rose ? », s'interrogeait Christian Raynal, adjoint au maire sortant et patron local de l'UMP.