Municipales: les villes qui pourraient basculer à gauche

ELECTIONS Marseille, Toulouse, Strasbourg, Metz, Périgueux, Reims, Saint-Etienne, Caen, Blois, Aix, Amiens, Corbeil, Perpignan, Chartres, Quimper, Montauban, Longjumeau, Asnières, Avignon, Colombes...

Alexandre Sulzer et Vincent Glad

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La gauche ne sera pas présente au second tour des élections municipales aux Sables d'Olonne, sa liste n'ayant pas été déposée à temps à la préfecture de Vendée à la suite d'une distraction, a-t-on appris mercredi auprès d'une candidate sur cette liste.
La gauche ne sera pas présente au second tour des élections municipales aux Sables d'Olonne, sa liste n'ayant pas été déposée à temps à la préfecture de Vendée à la suite d'une distraction, a-t-on appris mercredi auprès d'une candidate sur cette liste. — Mychèle Daniau AFP/Archives
Les résultats de dimanche laissent présager de belles batailles au second tour. Voici un tour d’horizon des principaux points chauds.

Commençons par les villes qui pourraient basculer à gauche


Marseille: Jean-Noël Guérini revient dans la course
Gaudin perd son léger avantage. Arrivé de peu en tête sur l’ensemble de la ville avec 41,03% des voix contre 39,14% pour son rival socialiste Jean-Noël Guérini, Jean-Claude Gaudin est surtout bien placé dans les deux secteurs clés, le 1er et le 3e. Dans son fief du 3e, Guérini essuie en effet une sévère défaite face au premier adjoint au maire, Renaud Muselier. Mais le PS a fusionné sa liste avec celle du MoDem de Jean-Luc Bennahmias. Une aide précieuse.
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Toulouse: la gauche pourrait obtenir une ville-symbole
Le socialiste Pierre Cohen qui part à l’assaut de la mairie UMP tenue par Jean-Luc Moudenc semble en bonne position pour emporter la quatrième ville de France. Si le maire sortant est arrivé en tête au premier tour (42,6% contre 39% pour Cohen), Moudenc dispose de peu de réserves de voix si ce n’est les 5,90% du MoDem qui a fusionné avec lui. Mais ce choix est loin de faire l’unanimité dans les rangs du pari centriste. Pierre Cohen en revanche pourra compter sur une partie des voix de la LCR (5,07%) et de la liste altermondialiste de François Simon (5,42%) malgré le refus de Pierre Cohen de fusionner.
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Strasbourg: c’est bien parti pour le PS
Strasbourg s’apprête à basculer à gauche. Le socialiste Roland Ries est arrivé largement en tête avec 43,90 % des scrutins, devançant la maire sortante UMP Fabienne Keller de dix points. Autre bonne nouvelle pour le PS: l’ancien maire PS a conclu lundi après-midi un accord de fusion avec les Verts. Si le modem a fait savoir lundi soir qu’il ne donnerait pas de consigne pour le second tour, le report de voix devrait être favorable à la gauche.
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Metz: la fin d’une époque?
Partie difficile pour Jean-Marie Rausch, investi dans l’entre-deux tours par l’UMP, qui sollicite un 7e mandat à 78 ans, face au PS Dominique Gros, sorti en tête avec 34,04% des voix. Fort de 24,16%, le maire sortant devra également affronter la député UMP Marie-Jo Zimmermann (16,68%) qui bénéficie du soutien de la candidate MoDem Nathalie Griesbeck (14,7%).

Périgueux: Xavier Darcos en difficulté
Duel périlleux pour le ministre de l’Education nationale. Arrivé au coude à coude avec le socialiste Michel Moyrand (à 45%), Xavier Darcos est en ballottage très incertain au second tour. Un vrai risque pour sa carrière de ministre, alors que la très grande majorité de ses 22 confrères du gouvernement qui se présentaient est en bonne position.

Reims: incertitude malgré le retrait de Renaud Dutreil
La socialiste Adeline Hazan est arrivée en tête avec 42,06% des suffrages. La dissidente Catherine Vautrin (25,19%) a reçu le soutien de l’UMP dans l’entre-deux tours et son rival à droite, Renaud Dutreil (23%), a accepté de se retirer et a appelé, difficilement, à voter pour sa rivale. Rien n’est donc joué et cette ville, traditionnellement à droite, pourrait basculer à gauche.

Saint-Etienne: une triangulaire ouverte
Après Pau, c’est le deuxième plus gros score dans une ville d’importance pour le MoDem. Mais le maire sortant UMP Michel Thiollière, arrivé en tête au premier tour avec 37,86% des voix, s’est refusé à toute fusion avec la liste du centriste Gilles Artigues (20,23% des suffrages). La triangulaire qui s’annonce avec le socialiste Maurice Vincent (33,68%) reste ouverte.

Caen: la gauche en mesure de prendre la mairie
Parfum de changement à Caen: ce fief du centre-droit pourrait passer à gauche. Philippe Duron, président de la région Basse-Normandie, a obtenu 43,96 % des suffrages contre 35,89 % à la liste UMP de la maire sortante Brigitte Le Brethon. Les voix du MoDem Philippe Lailler (7,52 %), qui a choisi de ne pas donner de consignes de vote, seront déterminantes.

Blois: la gauche tient sa revanche
En 2001, le jeune Nicolas Perruchot avait fait sensation en arrachant la mairie à l’éléphant socialiste Jack Lang. Cette année, schéma inverse: le maire sortant, étiqueté Nouveau Centre, est mis en danger par Marc Gricourt arrivé largement en tête avec 41,73% des suffrages. Perruchot (et ses maigres 29,09%) n’avait qu’une seule issue pour essayer de l’emporter, fusionner avec la liste MoDem de son meilleur ennemi, Jean-François Mortelette. Mais ce dernier a préféré se retirer sans donner de consignes de vote…

Aix-en-Provence: triangulaire indécise
L’UMP sortante Maryse Joissains mène pour l’heure la course en tête (33,81%), suivie du socialiste Alexandre Medvedowksy (29,09%) et du MoDem François-Xavier de Peretti (20,15%). Distancé, le PS devrait pouvoir compter sur le report des voix d’une liste DVG qui a appelé à voter socialiste. L’ombre de la quadrangulaire dissipée, le suspense est relancé.

Amiens: le point chaud que l’on attendait pas
Pourtant favori, le maire sortant UMP Gilles de Robien (38,8%) affronte un ballottage défavorable face au socialiste Gilles Demailly (41,37%). Même si l’ancien ministre de l’Education, maire depuis 1989, obtenait l’ensemble des voix accordées à l’autre liste divers droite et au Modem au premier tour, il lui manquerait mathématiquement encore près de 1% pour remporter l’élection, ce qui annonce une course très serrée.

Corbeil-Essonnes: la gauche donne l’assaut
A 82 ans, l’UMP Serge Dassault (40,84%) est très menacé par une alliance du PCF Bruno Piriou (31,1%) et du PS Carlos Da Silva (21,24%). Sur le papier, l’avionneur et patron de presse ne dispose d’aucune réserve de voix, face à une gauche qui a recueilli au total plus de 52% des suffrages au premier tour. Le MoDem, lui, est déjà présent en deuxième position sur sa liste. Quant au DVD Serge Dantu (6,82%), il se refuse à toute consigne de vote.

Perpignan: l’union sacrée contre la dynastie Alduy
Une triangulaire oppose le maire sortant UMP Jean-Paul Alduy (33,88%) à une liste «La nouvelle union avec la gauche», conduite par la socialiste Jacqueline Amiel-Donat (20,16%), et au FN, emmené par Louis Aliot (12,29%). La nouvelle liste de gauche est issue de la fusion de la liste Amiel-Donat avec le MoDem (8,53%) et le dissident socialiste Jean Codognès (15,12%). LO, alliée du PS au premier tour, a retiré son soutien pour protester contre cette alliance avec le centre qui pourrait bien, malgré tout, renverser des décennies de règne Alduy dans la capitale catalane.

Chartres: l’acte II de la législative partielle de février
Le maire sortant UMP Jean-Pierre Gorges (46,12%) n’est pas du tour assuré de sa réélection alors que les listes PS (29,25%) et MoDem (13,74%) ont fusionné. La gauche espère récupérer la ville passée à droite en 2001, surtout depuis la victoire de la candidate PS en février lors d’une législative partielle qui l’avait déjà opposée à Jean-Pierre Gorges.

Quimper: la ville penche à bâbord
L’ancien maire socialiste Bernard Poignant (36%) compte bien reprendre la ville à la droite après la fusion de sa liste avec celle des écologistes de Daniel Le Bigot (16,80%), tout en pouvant compter sur des reports favorables de la liste LCR de Janine Carasco (6,53%). La candidate UMP Marcelle Ramonet (29,09%), qui comptait succéder au sénateur-maire UMP Alain Gérard, ne bénéficie apparemment d’aucune réserve permettant de renverser le résultat, d’autant que le MoDem (11,61%) a décidé de se maintenir.

Montauban: un second tour très serré
L’union de la gauche était nécessaire pour que le PS Claude Mouchard (33,51%) puisse espérer l’emporter sur la maire sortante UMP Brigitte Barèges (43,83%). Et c’est ce qui s’est produit mardi avec l’accord conclu avec la liste Gauche citoyenne conduite par Marie-Claude Bouyssi (10,47%). Le danger est d’autant plus grand pour la droite que le MoDem (6,74%) a déclaré que le projet PS «répond mieux à ses attentes et surtout aux besoins de la ville».

Longjumeau: Kosciusko-Morizet en position difficile
La ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet (39,9%), a devancé de peu la liste du socialiste Jean-Claude Marquez (36,08%). Pour le second tour, il faudra compter avec le maintien de la liste DVG de l’ancien maire Philippe Schmit (12,82%) et le retrait d’une liste DVD (11,2%). Le PS compte sur une plus forte mobilisation des quartiers populaires au second tour et le soutien d’une partie du MoDem local, pour pouvoir l’emporter.

Asnières-sur-Seine: l’UMP défait en terres alto séquanaises?
Le sarkozyste sortant Manuel Aeschlimann (41,56%), baron de la droite dans les Hauts-de-Seine, doit faire face à une alliance inédite PS (33,66%), MoDem (12,34%) et DVD (12,44%). Mathématiquement majoritaire.

Avignon: une femme maire, mais laquelle?
Avignon sera dimanche une des rares villes françaises de plus de 80.000 habitants à être dirigée par une femme. La maire sortante UMP, Marie-Josée Roig, a pris la tête (39,20%), face à la socialiste Michèle Fournier-Armand (21,23%). Celle-ci bénéficie de la fusion avec les listes du communiste André Castelli (14,21%) et du soutien de la Ligue communiste révolutionnaire (3,36%). Mais pour faire vaciller l’équipe Roig, les socialistes fondent leurs espoirs sur les abstentionnistes et les électeurs du MoDem (7,84%) qui n’a pas donné de consigne de vote.

Colombes: Rama Yade profite de la fusion UMP/MoDem
Rama Yade, deuxième sur la liste de la maire UMP menée par Nicole Goueta, va mieux. Après avoir été mise en difficulté, la liste UMP (42,46%), légèrement devancée par le candidat de la gauche, Philippe Sarre (43,56%), a fusionné lundi avec le MoDem qui a obtienu 8,60% des suffrages.

>> Les villes qui pourraient basculer à droite
>> Les duels et les triangulaires à suivre

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