PS et PC divorcent en Seine-Saint-Denis

Sophie Caillat

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IDE

Personne n'imaginait que les rivalités entre socialistes et communistes en Seine-Saint-Denis iraient aussi loin. «Mardi, à 17 h, on poursuivait nos discussions lorsqu'on a appris que le PS était en train de déposer sa liste pour Aubervilliers en préfecture», raconte Jean-Marie Doussin, négociateur du PC. L'affaire était entendue : si chacun présentait ses listes au premier tour dans sept villes, l'union de la gauche serait de mise au second. Ces bonnes intentions ont volé en éclats mardi. A Aubervilliers, Bagnolet, La Courneuve et Saint-Denis, le PS maintient ses listes, bien que les sortants communistes soient arrivés premiers (de très loin partout sauf à Aubervilliers où le PS est trois points derrière).

Le Parti communiste accuse le PS de «surenchère permanente». Ce dernier répond que «les propositions n'étaient pas à la hauteur de nos résultats», et cite en exemple Bagnolet: «Le PC nous proposait deux postes éligibles, et en se présentant de notre côté, si tout va bien dimanche, nous aurons six élus», détaille Yannick Trigance, négociateur socialiste. Les discussions ont aussi achoppé sur le sort des socialistes qui avaient «trahi» les leurs en rejoignant les listes PC au premier tour, et que le PS refusait de compter parmi les siens. «On sera dans l'opposition, on tentera d'être constructifs», se résignent les socialistes.

Au conseil général, c'est l'inverse: la présidence a de grandes chances de revenir au député de Pantin Claude Bartolone. Sur les neuf cantons communistes remis en jeu, celui de L'Ile-Saint-Denis, Saint-Ouen, Saint-Denis, et celui de Montreuil Nord devraient tomber dans le giron du PS, arrivé en tête. Là, comme prévu, les communistes se sont désistés. Hervé Bramy, président PC sortant, refuse de s'avouer vaincu, et prend rendez-vous dans deux ans, au moment où d'autres cantons seront renouvelables. Bartolone espère qu'après cet «électrochoc, il sera peut-être temps d'arrêter ces rapports de domination».