Les 15 points chauds de dimanche prochain

Vincent Glad et Sa. C.

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Le premier tour des élections municipales dans les Bouches-du-Rhône laisse le sort de Marseille dans l'incertitude, la liste du maire UMP sortant, Jean-Claude Gaudin, devançant légèrement celle de son adversaire PS, alors que les autres grandes villes ont enregistré peu de surprises.
Le premier tour des élections municipales dans les Bouches-du-Rhône laisse le sort de Marseille dans l'incertitude, la liste du maire UMP sortant, Jean-Claude Gaudin, devançant légèrement celle de son adversaire PS, alors que les autres grandes villes ont enregistré peu de surprises. — Boris Horvat AFP
Les résultats de dimanche laissent présager de belles batailles au second tour. Voici un tour d’horizon des principaux points chauds, dans l’ordre d’importance et/ou de suspense.


1. Marseille: Jean-Noël Guérini revient dans la course
Gaudin perd son léger avantage. Arrivé de peu en tête sur l’ensemble de la ville avec 41,03% des voix contre 39,14% pour son challenger socialiste Jean-Noël Guérini, Jean-Claude Gaudin est surtout bien placé dans les deux secteurs clés, le 1er et le 3e. Dans son fief du 3e, Guérini essuie en effet une sévère défaite face au premier adjoint au maire, Renaud Muselier. Le choix du candidat MoDem, l’ex-Vert Jean-Luc Benhamias, devrait être déterminant: il a fait savoir lundi qu'il appelait à voter pour le candidat socialiste, relançant ainsi un duel très serré.

2. Pau: François Bayrou face à une montagne

Pau sera au centre de toutes les attentions dimanche car François Bayrou y joue un temps fort de sa carrière politique. Avec 32,61%, le leader centriste est devancé de plus d'un point par la socialiste Martine Lignière-Cassou, tandis que le maire sortant Yves Urieta ex-PS soutenu par l’UMP réunit 27,80% des voix. François Bayrou devrait donc être confronté à une triangulaire à l’issue incertaine.

3. Toulouse: la gauche pourrait obtenir une ville-symbole
Le scrutin est très serré à Toulouse. Mais le socialiste Pierre Cohen qui part à l’assaut de la mairie UMP tenue par Jean-Luc Moudenc semble en bonne position pour emporter la quatrième ville de France. Si le maire sortant est arrivé en tête au premier tour (42,6% contre 39% pour Cohen), Moudenc ne dispose pas de réserves de voix. Pierre Cohen en revanche pourra compter sur une partie des voix de la LCR (5,07%) et de la liste atermondialiste de François Simon (5,42%).

4. Paris: Delanoë dans un fauteuil avec les Verts

Avec 41,9 % des suffrages, Bertrand Delanoë améliore de près de onze points son score de 2001. Un vrai succès qui laisse la droite parisienne exsangue. Avec un tel score et une victoire capitale dans le 12e arrondissement, le maire de Paris pourrait gouverner seul. Dimanche, le maire PS a toutefois tendu la main aux Verts (6,78%) pour fusionner leurs listes. Un partenariat officialisé lundi après-midi qui laisse Marielle de Sarnez (8,9% des suffrages) sur le carreau. Si la candidate MoDem veut peser sur le second tour, il lui faudra envisager une alliance avec l’UMP Françoise de Panafieu (28%), et réciproquement.

5. Strasbourg: c’est bien parti pour le PS
Strasbourg s’apprête à basculer à gauche. Le socialiste Roland Ries est arrivé largement en tête avec 43,90 % des scrutins, devançant la maire sortante UMP Fabienne Keller de dix points. Autre bonne nouvelle pour le PS: l'ancien maire PS a conclu lundi après-midi un accord de fusion avec les Verts. Si le modem a fait savoir lundi soir qu'il ne donnerait pas de consigne pour le second tour, le report de voix devrait être favorable à Ries.

6. Metz: le vieux maire n’a pas dit son dernier mot
Si Dominique Gros, le candidat socialiste, vire en tête avec 34,04 % des voix, le vieux maire divers droite Jean-Marie Rausch pourrait resigner pour six ans de plus. Avec 24,16 %, il est sorti vainqueur d’une dangereuse primaire à droite contre l’UMP Marie-Jo Zimmermann et la candidate MoDem Nathalie Griesbeck (14,7%). Une droite réunie serait en mesure de conserver la mairie. Peine perdue pour le maire sortant: Zimmermann a annoncé lundi soir qu'elle conduira une liste d'union avec le MoDem. Il ne reste plus à Rausch qu'à compter sur les voix des abstentionnistes. L'UMP mise pourtant sur lui: le parti a retiré mardi l'investiture à Marie-Jo Zimmermann pour la confier à Rausch.

7. Périgueux: Xavier Darcos en difficulté

Duel périlleux pour le ministre de l’Education nationale. Arrivé au coude à coude avec le socialiste Michel Moyrand (à 45%), Xavier Darcos est en ballottage très incertain au second tour. Un vrai risque pour sa carrière de ministre, alors que la très grande majorité de ses 22 confrères du gouvernement qui se présentaient est en bonne position.

8. Reims: combat perdant entre ex-ministres de droite
La primaire à droite entre les deux anciens ministres Renaud Dutreuil (UMP) et Catherine Vautrin (dissidente) fait les affaires de la socialiste Adeline Hazan qui est arrivée en tête avec 42,06 % des suffrages. Lundi soir, Dutreil a annoncé son retrait mais sans appeler à voter pour sa rivale à droite. Rien n'est donc joué.

9. Saint-Etienne: une triangulaire ouverte
Après Pau, c’est le deuxième plus gros score dans une ville d’importance pour le MoDem. Mais le maire sortant UMP Michel Thiollière, arrivé en tête au premier tour avec 37,86% des voix, s'est refusé lundi à toute fusion avec la liste du centriste Gilles Artigues (20,23 % des suffrages). Le candidat Modem ne jouera donc pas le rôle de faiseur de roi au second tour: il a annoncé, mardi, qu'il faudrait compter avec lui. La triangulaire qui s'annonce (avec le socialiste Maurice Vincent) reste ouverte.

9. Caen: la gauche en mesure de prendre la mairie
Parfum de changement à Caen: ce fief du centre-droit pourrait passer à gauche. Philippe Duron, président de la région Basse-Normandie, a obtenu 43,96 % des suffrages contre 35,89 % à la liste UMP de la maire sortante Brigitte Le Brethon. Les voix du MoDem Philippe Lailler (7,52 %), qui a choisi de ne pas donner de consignes de vote, seront déterminantes.

11. Angers: la victoire ne sera pas simple pour l’UMP
Angers est une des villes qui pourraient basculer à droite. Mais rien n’est sûr au lendemain du premier tour: le maire PS sortant Jean-Claude Antonini résiste mieux que prévu. Avec 42,50% des suffrages, il n’est qu’à 3 points de son adversaire UMP Christophe Béchu qui ne dispose pas de réserve de voix à droite. Avec un bémol: il ne peut compter que sur un très bon report de voix de l'extrême gauche s'il veut éviter de se voir ravir la mairie par Christophe Béchu, à la tête d'une liste UMP-MoDem

12. Agen: la droite bien placée pour reprendre le pouvoir
C’est une des rares villes d’importance que la droite devrait reprendre sans souci. Le candidat Nouveau Centre Jean Dionis du Séjour arrive en tête avec 48,52% des suffrages, reléguant le maire sortant, le socialiste Alain Veyret à 43,83%. Tout dépendra de la mobilisation des 7,66% de personnes qui ont voté pour le candidat d’extrême gauche Jules Bambaggi.

13. Mulhouse: Jean-Marie Bockel au test de l’ouverture

Jean-Marie Bockel, maire sortant et désormais secrétaire d’Etat du gouvernement Fillon, ancien PS soutenu par l’UMP, n’a pas assuré sa réélection au premier tour alors qu’il était donné grand favori. A t-il pâti d’un «effet Sarkozy»? Il n’obtient que 40,35 % des votes, contre 32,34 % pour le socialiste Pierre Freyburger. Le FN, en position de se maintenir, complique les pronostics même si Bockel paraît bien parti.

14. Blois: la gauche tient sa revanche

En 2001, le jeune Nicolas Perruchot avait fait sensation en arrachant la mairie à l’éléphant socialiste Jack Lang. Cette année, schéma inverse: le maire sortant, étiqueté Nouveau Centre, est mis en danger par Marc Gricourt arrivé largement en tête avec 41,73 % des suffrages. Perruchot et ses maigres 29,09 % n’a qu’une seule issue pour essayer de l’emporter, fusionner avec la liste MoDem de son meilleur ennemi, Jean-François Mortelette. Ce dernier a préféré se retirer sans donner de consignes de vote.

15. Colombes: Rama Yade profite de la fusion UMP/MoDem
Rama Yade, deuxième sur la liste de la maire UMP Nicole Goueta, va mieux. Après avoir été mise en difficulté, la liste UMP (42,46 %), légèrement devancée par le candidat de la gauche, Philippe Sarre (43,56%), a fusionné lundi avec le MoDem qui a obtienu 8,60% des suffrages.


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