Le vote de dimanche: «Pas une claque», mais un «sévère avertissement»

Vincent Glad

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Revue de presse du premier tour des municipales
Revue de presse du premier tour des municipales — 20minutes

Au lendemain du premier tour des municipales, l’ensemble de la presse relève la poussée des socialistes et la relative résistance de la droite. Et s’interroge sur la portée nationale de cette défaite annoncée, avec dans le viseur, le président de la République.

Pour «Le Parisien», le vote de dimanche n’est «peut-être pas une claque» mais est un «sévère avertissement» pour Nicolas Sarkozy. Le quotidien insiste sur la thèse du vote-sanction: «Tous les sondages montraient depuis décembre l’exaspération croissante de l’opinion face à l’absence de résultats en matière de pouvoir d’achat… et son désarroi vis-à-vis du style un brin “décoiffant” d’un président semblant s’intéresser surtout à son image.»

«Un deuxième carton jaune se transforme en carton rouge»

«Libération» se félicite du résultat qui donne «des villes un peu plus à gauche». Comme «un air de printemps», annonce la une du quotidien, joliment garnie de roses. Laurent Joffrin, directeur de la publication, espérait cependant mieux: «Effet pervers des sondages: on se prend à croire au rez-de-marée, il n’a pas lieu, et c’est la déception qui entoure le succès», écrit-il dans son éditorial. Comme un goût d’inachevé donc dans cette victoire de la gauche, même si Joffrin relève la force du «socialisme municipal, vieille figure de la gauche qui a ses états de service glorieux, la contraint au réalisme et à l’imagination, à la cohérence et à l’unité. Toutes choses qui précisément manquent à la gauche nationale».

«Le Figaro» titre «la gauche progresse, la droite résiste mieux que prévu». Dans son éditorial, Etienne Mougeotte estime que le premier tour des municipales a accouché d’«un grand classique des élections intermédiaires» qui permet «à l’opposition d’adresser un avertissement sans frais au pouvoir en place». Le directeur de la rédaction rappelle qu’«il s’agit d’une élection à deux tours et c’est aussi un grand classique de découvrir souvent un deuxième tour corrigeant le premier». Mais attention prévient l’éditorialiste, «comme au football, où un deuxième carton jaune se transforme en carton rouge, une faible mobilisation de la droite et du centre au deuxième tour pourrait amplifier la poussée socialiste du deuxième tour».

Sarkozy, ou «le clinquant qui agace, énerve et déçoit»

«Les Echos» remarquent que «les cantonales continuent de moins intéresser les électeurs». Pourtant, la bataille s’annonce «âpre» dimanche prochain entre la majorité et l’opposition. «Dans une vingtaine de départements à renouveler, la majorité ne tient qu’à une ou deux voix» et «l’UMP compte donc sur les cantonales pour se consoler de la forte poussée de la gauche aux municipales.»

Vote local ou national? «France-Soir» répond sans hésitation: c’est avant tout Sarkozy qui est sanctionné. «Le rapport de forces droite/gauche, à 47/40 en faveur de la gauche, est un marqueur fort de la défaite». Que faire maintenant pour le président? Sur le fond de la politique, «poursuivre voire accélérer les réformes» et sur la forme, «France-Soir» plaide pour un «président qui ne dévoile qu’une dose minimale de sa vie privée et personnelle et qui n’affiche pas devant les citoyens, le subalterne ou le clinquant qui agace, énerve et déçoit.»


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