Un vote « local », pour ou contre le changement

B. C., H. M. et L. O. - ©2008 20 minutes

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En ce dimanche pluvieux, la plupart des Toulousains disent avoir voté « local ». Les habitants des quartiers populaires se sont en général moins déplacés que ceux du centre-ville. Entre 15 h 30 et 16 h, environ 30 % des inscrits avaient voté dans les bureaux du Capitole, 40 % à l'école Jean-Jaurès du quartier assez huppé du Busca. Ils n'étaient que 24,5 % à l'école Daste d'Empalot, et 27 % dans les bureaux de la place Abbal à la Reynerie. Les observateurs ont relevé une forte participation des personnes âgées, qui généralement votent plutôt à droite à Toulouse.

Mais davantage que pour l'un ou pour l'autre des candidats, les électeurs semblent s'être déterminés en fonction des dangers ou des vertus du « changement ». Il y a ceux qui y sont rétifs, considérant, dans la grande tradition des scrutins municipaux à Toulouse, que l'équipe en place est efficace. « Une mairie, ce n'est pas la France, on ne choisit pas en fonction d'un parti », estime Poxine, médecin. Il a voté pour Jean-Luc Moudenc, le maire sortant, qui selon lui « a bien travaillé pour les jeunes ». Véronique, une habitante du Mirail de 45 ans, est sur la même longueur d'onde : « Les successeurs de Dominique Baudis ont, comme lui, très, très bien géré la ville », dit-elle. « Pourquoi je changerais de maire, celui-là est très bien et je veux le conserver », plaide une jeune retraitée du Busca. Valérie, une enseignante, n'est pas loin de partager son avis sur la bonne gestion. « Mais, considère-t-elle, il faut arrêter avec les Baudis, père, fils et leurs successeurs ». Elle a voté Pierre Cohen. « Trente-sept ans, c'est trop. Cela crée du clientélisme », estime un militant socialiste qui assure qu'il dirait la même chose s'il s'agissait d'un long règne de la gauche. Robert, lui, fait la synthèse des deux courants : Nostalgique, il regrette Baudis et aurait voté pour lui. En son absence, il a voté « pour le changement ». Donc pour Pierre Cohen.