«La gauche doit maintenant construire un projet»

INTERVIEW Jean-Pierre Brard, maire sortant de Montreuil apparenté au groupe communiste...

Propos recueillis par Catherine Fournier

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Marie-George Buffet et Julien Dray ont encouragé ensemble mercredi à Montreuil (Seine-Saint-Denis) le maire sortant Jean-Pierre Brard (app-PCF), "candidat de la gauche rassemblée" face à sa rivale Dominique Voynet (Verts) accusée de "fragiliser" la gauche.
Marie-George Buffet et Julien Dray ont encouragé ensemble mercredi à Montreuil (Seine-Saint-Denis) le maire sortant Jean-Pierre Brard (app-PCF), "candidat de la gauche rassemblée" face à sa rivale Dominique Voynet (Verts) accusée de "fragiliser" la gauche. — Bertrand Guay AFP
Jean-Pierre Brard, maire sortant de Montreuil apparenté au groupe communiste, commente les résultats du PC et de la gauche en général au premier tour des municipales.

Vous êtes en ballottage favorable face à Dominique Voynet (Verts). Comment va se passer le second tour selon vous?

Il n’y a pas trop de risque car si on fusionne avec la liste de l’extrême gauche, on arrive à 49% alors que les Verts ne totaliseraient que 37,5% avec le report des voix du Modem. J’attends de voir ce que va décider Dominique Voynet. En novembre, elle avait clairement dit qu’elle appellerait à la fusion avec ma liste en cas de défaite.

Au niveau national, le PCF tire plutôt bien son épingle du jeu...

Effectivement, le Parti se comporte mieux qu’en 2001. J’y vois la reconnaissance de sa capacité de s’opposer à Nicolas Sarkozy.

Il ne s’agit que d’un vote sanction alors, et pas un vote pour la gauche?

Si on veut que les électeurs votent pour la gauche la prochaine fois, il lui faut construire un projet qui redonne priorité au travail, au service public, en renationalisant les grandes entreprises comme EDF, au droit à la santé, à l’éducation et au logement. Ça ne sert à rien de créer un droit au logement opposable s’il y a pas assez de logements tout court.

L’extrême gauche aussi est en bonne posture à ce premier tour. Peut-elle vous faire de l’ombre?

L’ambition de se fédérer en seul parti, c’est celle d’Olivier Besancenot, mais j’ai l’impression qu’elle ne rencontre pas trop d’échos pour l’instant dans les autres partis d’extrême gauche.