«La surprise est plutôt venue de la droite»

Propos recueillis par Sandrine Cochard

— 

François Miquet Marty, directeur des études politiques de l’institut de sondage LH2, analyse les premiers résultats du premier tour des municipales.

Les premiers résultats font état d’une percée de la gauche. Est-ce une surprise?

Non l’ensemble des enquêtes d’opinion menées avant ce premier tour avait révélé des intentions de vote favorables à la gauche. La surprise est plutôt venue de la droite. Les résultats sont plus équilibrés que ce à quoi nous nous attendions et la droite a enregistré des scores plus importants que prévus, notamment à Pau, à Bordeaux et à Périgueux. Nous pouvons donc parler de poussée de la gauche, mais certainement pas de raz-de-marée.

Les enjeux locaux ont-ils prévalus sur les enjeux nationaux?

Oui, les électeurs ont voté en fonction de leurs préoccupations locales. Le bilan des maires sortants a pesé plus lourd que leur étiquette politique. Ainsi, les personnalités de la droite ont fait la différence au niveau locale: 85% des Bordelais avaient une opinion favorable du bilan d’Alain Juppé (UMP), 83% des Lyonnais pensaient de même pour celui de Gérard Collomb (PS). En revanche, seuls 64% des Strasbourgeois jugeaient positivement le bilan de Fabienne Keller (UMP) qui, avec 34% des voix, ne se retrouve que seconde de ce premier tour derrière le candidat socialiste Roland Ries (44%).

Peut-on parler de vote sanction à l’encontre de la droite?

Oui mais c’est un élément secondaire. Il est vrai que les jeunes, les ouvriers et les sympathisants de gauche avaient à cœur d’exprimer leur opposition à Nicolas Sarkozy.

Quels seront les enjeux du second tour?

Il sera intéressant de voir comment évolue le rapport de force entre la droite et la gauche, notamment dans les villes où les deux partis sont au coude à coude, comme à Marseille. Un autre enjeu sera aussi le sort du MoDem. La mise en difficulté de François Bayrou dans son fief est révélatrice: au niveau local, il paie un certain parisianisme, une distance avec Pau que lui ont reproché les électeurs. Au niveau national, le MoDem paie un manque de clarté dans ses consignes: en optant pour le positionnement ville par ville, il a réduit la portée de son message, donnant le sentiment lors de cette campagne que le parti était davantage une fédération de candidats locaux privilégiant une stratégie au coup par coup. Le parti peine à sortir de son rôle d’arbitre mais uniquement au niveau local car au niveau national, il manque de visibilité.

Pour donner votre avis, cliquez ici