«Vote sanction» pour Royal, mélange des enjeux pour Fillon

Sa. C.

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Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charente, vote à Melle. Retrouvez toute l'actualité de ce premier tour des municipales dans notre live.
Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charente, vote à Melle. Retrouvez toute l'actualité de ce premier tour des municipales dans notre live. — AFP PHOTO / ALAIN JOCARD

Sans fanfaronner, François Hollande a donné le ton dès 20h10: la gauche prend l’avantage sur la droite pour ce premier tour des élections municipales.

Selon le premier secrétaire du Parti socialiste, qui s’exprimait en direct de Tulle, où il a été réélu dès le premier tour, ce scrutin a été l’occasion pour les Français d’exprimer la volonté de «confier à la gauche la responsabilité de nombreuses villes, où nous étions sortants ou en conquête.» Selon lui, les Français ont voulu «avertir le président et le gouvernement sur la politique menée depuis neuf mois, notamment en matière de pouvoir d’achat.»

Interrogé sur France 2, Fra
nçois Hollande a pourtant refusé, contrairement à d'autres socialistes, comme Ségolène Royal, de parler de vote sanction contre le gouvernement: «nous ne le saurons qu'à l'issue du second tour des municipales et des cantonales», a-t-il déclaré.

Un avis que partage Roselyne Bachelot. La ministre de la Santé réfute elle aussi le terme de vote sanction et appelle la gauche à «se garder de tout triomphalisme». «La gauche est là et bien là», a réagi de son côté le porte-parole du Parti socialiste, Julien Dray, sur le même plateau.

Un peu plus tard, le Premier ministre François Fillon a préféré relativiser l’avance de la gauche, évoquant un premier tour «indécis mais plus équilibré qu'annoncé». Reprochant à l'opposition «d'exacerber les clivages partisans» et de «mélanger les enjeux locaux et ceux de la Nation», il a néanmoins salué tous les candidats élus dès le premier tour et affirmé que le gouvernement travaillerait avec chacun d’entre eux. Et de préciser que le gouvernement maintiendrait le cap des réformes, comme annoncé jeudi par Nicolas Sarkozy.

Et la droite de renvoyer au second tour. «Ma première observation, c'est l'abstention. Ca prouve véritablement qu'au premier tour les gens se sont un peu mobilisés et que, clairement, une mobilisation beaucoup plus forte sera souhaitable au deuxième», a déclaré la ministre de l'Economie Christine Lagarde sur France 2.

«Ce premier tour est une grande satisfaction, il montre que les hommes et les femmes, dans beaucoup de villes, ont choisi d’élire des candidats de gauche pour résister à une droite particulièrement agressive», a déclaré Marie-George Buffet à 20minutes.fr. La chef de file des communistes a également salué la performance des élus communistes qui ont repris certaines villes à la droite, citant notamment, Dieppe. Selon elle, le Parti communiste en sort renforcé, de même que la gauche unie. «La droite va réagir, la victoire n’est pas définitivement acquise», a prévenu Marie-George Buffet qui appelle à un rassemblement de la gauche pour le second tour.