Municipales: poussée de la gauche

DES CLES POUR COMPRENDRE LE SCRUTIN La gauche fait un meilleur résultat qu'au premier tour de 2001...

20minutes.fr

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Une très claire poussée à gauche. L'opposition obtiendrait 47,5% des voix contre 40% à l'UMP-Divers droite au premier tour des élections municipales dimanche dans les communes de plus de 3.500 habitants, selon un sondage CSA-Dexia. Soit un résultat pour la gauche meilleur qu'en 2001 (44,87% et 47% pour la droite).

Selon cette enquête réalisée pour Le Parisien, Europe 1 et i-Télé, les listes MoDem recueilleraient 4,5% des voix, les listes d'extrême gauche 2%, les listes Front national 2% et les autres listes 4%.

Ville symbole, Rouen a basculé à gauche dès le premier tour tandis que la gauche était en ballotage favorable dans une majorité de villes, comme Reims ou Pau.

Mais quels thèmes ont pesé sur le scrutin du premier tour des municipales? Pour le savoir, Ipsos a mené l’enquête vendredi et samedi pour connaître les motivations des Français au moment de choisir leur candidat. Décryptage.

Priorité aux enjeux locaux

Ainsi, 44% des personnes interrogées affirment que le bilan de l’équipe municipale sortante est le premier facteur déterminant leur choix. Viennent ensuite le programme des listes (41%) et la personnalité des candidats (40%). L’étiquette politique des listes et la situation politique nationale apparaissent comme des critères de choix secondaires.

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Les thèmes locaux ayant le plus pesé dans la balance sont, dans l’ordre, l’environnement (51%), les écoles et les crèches (37%), le développement économique de la commune (32%) et la sécurité (31%).

Ce dernier critère pèse moins lourd dans les communes de moins de 2.000 (27%) qui s’inquiètent davantage du maintien des services publics et des commerces (34%).

Autre disparité, l’action sociale pour les populations défavorisées est jugée plus importante par les personnes vivant dans des communes de plus de 30.000 habitants (26%) que pour les communes rurales (19%).

De même pour le logement social, qui compte davantage sur le vote des communes de plus de 30.000 habitants que celles de moins de 2.000 habitants.

Si les sujets de préoccupation des Français sont d’abord locaux, ces motivations — notamment l’environnement et le logement — sont plus favorables à la gauche.

Un écho national

L’ancrage à gauche des thèmes déterminants de ce scrutin local peut se traduire par une poussée de la gauche mais n’est pas forcément un vote anti-Sarkozy. En effet, pour 53% des personnes interrogées, leur choix ne sera ni un vote sanction, ni un soutien au gouvernement. 29% seulement des sondés ont affirmé que leur vote du premier tour serait l’occasion de manifester leur opposition au gouvernement.

Le chef de l’Etat ne pourra pas compter sur les personnes qui avaient voté pour lui lors du second tour de la présidentielle: 59% des sondés qui avaient voté pour lui en mai dernier ne comptent pas faire des municipales un enjeu national tandis que seuls 33% des sympathisants de Nicolas Sarkozy lui manifesteront leur soutien. Un revers pour l’UMP dont la stratégie de «donner une dimension nationale» à ce scrutin local semble être à double tranchant. «Cette stratégie était une bonne idée tant que Nicolas Sarkozy était populaire, explique François Miquet-Marty de l’Institut de sondage LH2. Or, depuis le mois de janvier, sa cote est en chute libre, souligne l’analyste. Dans plusieurs villes, les candidats UMP comme, comme Alain Jupé ou Xavier Darcos ont minoré les références à leur parti.»

41% des personnes souhaitent une victoire de la gauche

Toutefois, 41% des personnes interrogées, dont 12% ayant voté pour Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle, souhaitent une victoire de la gauche à l’issue de ce scrutin. C’est, sans surprise, encore plus massif parmi les électeurs ayant voté pour Ségolène Royal en mai 2007: 80% des personnes interrogées par Ipsos souhaitent une victoire de la gauche alors que seuls 52% des personnes interrogées ayant voté pour Nicolas Sarkozy espèrent une victoire de la droite dimanche prochain.

Est-ce une volonté de rééquilibrage du pouvoir des électeurs? Nicolas Sarkozy a d’ores et déjà prévenu: quel que soit le résultat issu des urnes dimanche 16 mars, il a réaffirmé sa volonté de «maintenir le cap et accélérer les réformes».

Votre avis:

La grande question que vous vous posez est celle de l'ampleur de la «vague rose» et de son implication pour le gouvernement. Gpas estime qu'il «serait exagéré de parler de vague rose, néanmoins, il y a une réelle poussée de la gauche». Et il ajoute: «Visiblement le gouvernement et les leaders de l'UMP ne l'ont pas compris, Sarkozy ayant déclaré qu'il continuerait quelque soit le résultat du 16 mars. Donc, puisqu'ils sont sourds et aveugles, il faut peut-être un message plus clair et que les Français votent massivement contre les candidats de l'UMP.»

Milo estime quant à lui que, «le plus malheureux c'est que les gens confondent la gestion de leur ville avec la gestion du pays et croient qu'en votant à gauche cela leur amènera du pouvoir d'achat». Et pour lui, «cela leur amènera surtout encore plus de social donc encore plus d'impôts locaux et de charges»…

Chris2nerfs, lui, a un autre point de vue: «La gauche a dû proposer de meilleurs candidats que la droite! C'est tout! Il n'y a pas a tortiller du cul les gars de l'UMP, mais surtout continuez d'être arrogant et sourd à l'appel du peuple français, vous faites le boulot de la gauche!»

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