Pour Nicolas Sarkozy et la droite: peu à gagner, beaucoup à perdre

MUNICIPALES Quels sont les enjeux du scrutin pour la majorité et son chef...

S.Co. et JH

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Nicolas Sarkozy a voté dans le VIIIe arrondissement de Paris.
Nicolas Sarkozy a voté dans le VIIIe arrondissement de Paris. — REUTERS/Francois Mori/Pool

Environ 45 millions d'électeurs sont convoqués aux urnes dimanche dans 36.683 communes. Cette élection tourne autour du chef de l’Etat: la gauche souhaite faire de ces élections un référendum anti-Sarkozy, la majorité présidentielle fait tout pour l’éviter. Au point que nombre de candidats ont remisé le logo UMP et pris diplomatiquement leurs distances avec l'Elysée qui, de son côté, minimise la portée de ces élections.

Quel sera l’impact de la popularité de Nicolas Sarkozy sur les résultats?
Le chef de l’Etat affronte la première épreuve électorale de son quinquennat. Généralement, les enjeux locaux prévalent mais les attentes de l'électorat de Nicolas Sarkozy, en particulier au sein des classes populaires, pourraient peser dans les urnes, à la mesure de la désillusion née de l'érosion de son pouvoir d'achat. Rappelons que c’est sur ce thème que le chef de l'Etat avait polarisé sa campagne avant d'être largement élu.

Quelle est la stratégie du chef de l’Etat?
- Assurer que, quel que soit le résultat de ces élections, la politique conduite ne bougera pas. Il a ainsi balayé jeudi l’idée d’un remaniement ministériel de grande ampleur: «Je voudrais mettre un terme à cette maladie française qui consiste à changer de ministres tous les six mois.»
- S’appuyer sur la cote de popularité ascendante de son Premier ministre, François Fillon. Pas sûr, cependant qu’elle soit suffisante pour faire contrepoint.

L’UMP peut-il limiter la casse?
Après la «vague bleue» de 2001, où la droite avait remporté plusieurs fiefs communistes ou socialistes, l’UMP aura fort à faire pour conserver tous ses mandats (62 maires élus en 2001 dans des communes de plus de 30.000 habitants). C’est pourquoi le secrétaire général du parti, Patrick Devedjian, table sur «résultat convenable» avec, pour objectif, de « gagner plus de villes que d'en perdre.»

L'UMP est en difficulté dans les très grandes villes. Paris et Lyon, perdues par la droite il y a sept ans, semblent de nouveau acquises à la gauche: Bertrand Delanoë survole Françoise de Panafieu dans les sondages, de même pour Gérard Collomb face à Dominique Perben, à Lyon. A Marseille, Jean-Noël Guérini est au coude-à-coude avec Jean-Claude Gaudin, maire sortant depuis 1995 et secrétaire général adjoint du parti présidentiel.

Quels sont les points chauds?
Toulouse, Strasbourg, Quimper, Rouen, Caen, Chartres, mais aussi Laval, Angoulême, Blois, Tarbes, Cahors, Le Havre, etc, pourraient elles aussi passer au rose ou au rouge pour les six prochaines années.
>> La liste des villes qui pourraient basculer de droite à gauche

Et les ministres?
Les 22 ministres et secrétaires d'Etat (dont 11 têtes de liste) qui vont à la bataille pourraient en subir les conséquences, boucs émissaires aisés d'un électorat déconcerté et anxieux. En difficulté à Périgueux, où il se représente, le ministre de l'Education, Xavier Darcos, est en première ligne.
>> Les personnalités

Tous les ingrédients d’un vote sanction qui rééquilibrerait s localement la répartition des pouvoirs (l’exécutif et le législatif national à la droite, les grandes villes et les régions à la gauche) sont donc présents à l’occasion de ce premier tour.

Et vous, comment «lisez-vous» le scrutin d'aujourd'hui dimanche?