Le débat national s'invitera-t-il aux municipales ?

S. C.

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Souvenez-vous, c'était en mars 2004. Invités à désigner leurs conseillers régionaux, les électeurs avaient préféré exprimer leur déception à l'égard du gouvernement Raffarin. Résultat, vingt des vingt-deux régions sont aujourd'hui socialistes.

Dimanche, les citoyens sont appelés aux urnes pour le premier tour des municipales et cantonales. Vont-ils simplement élire leurs maires et conseillers généraux, ou utiliseront-ils leur bulletin comme ils jetteraient leur feuille de paie au visage du Président du «Travailler plus pour gagner plus»? Telle est la grande interrogation pour Nicolas Sarkozy, en chute libre dans les sondages. Acculé, le chef de l'Etat assure pourtant qu'il ne l'est pas: «Je n'ai pas l'intention de rythmer mon quinquennat en fonction des scrutins locaux», a-t-il assuré hier au Figaro.

Reste que selon les sondeurs et de l'avis de nombreux candidats, la gauche devrait sortir vainqueur du scrutin. Imprudemment, François Hollande a assigné à son camp l'objectif de reconquérir trente villes de plus de 20.000 habitants. Ce chiffre risque d'être difficile à atteindre. La mobilisation est incertaine, et dans une ville, le bilan du maire reste déterminant. «Le contexte national est un facteur aggravant pour les maires UMP en difficulté, comme à Marseille et Toulouse. Mais il n'est pas décisif », rappelle-t-on chez Ipsos. Pas bien grave, estime cette proche de Ségolène Royal: « Il nous suffira de gagner Paris et Lyon et de conquérir une nouvelle grande ville pour que le scrutin soit interprété comme une victoire.»

chiffres

36.683 communes
30.000 comptent moins de 2.000 habitants
6 ans, la durée de mandat d'un maire
3.500 habitants et moins: dans ces communes, les électeurs peuvent ajouter ou supprimer des candidats sur la liste de leur choix.
22 membres du gouvernement sont candidats, dont 13 en tête de liste, et 9 figurant sur une liste.