La parité ne passe pas le premier tour

Olivier Aballain - ©2008 20 minutes

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L'écrasante majorité des villes ne changeront pas de sexe cette année. Dans la métropole lilloise, 86 % des têtes de liste aux municipales sont des hommes. Et ce malgré le renforcement en 2007 de la loi sur la parité, qui impose l'alternance homme-femme sur les listes. Martine Aubry, maire sortante (PS) de Lille, fait figure d'exception. « Sauf qu'on lui reproche son ambition », remarque Denise Cacheux, ancienne députée (PS) du Nord et ancienne présidente de l'Observatoire régional de la parité. « Les mentalités évoluent, mais lentement », explique de son côté Brigitte Mauroy, numéro 2 à Lille sur la liste de l'UMP Sébastien Huyghe.

Pour ce qui est de la parité politique, la région revient de loin : en 2001, elle se classait avant-dernière en France avec seulement 8,5 % de maires femmes. « Peut-être y a-t-il aussi un héritage culturel, note Michèle Mathé, l'actuelle présidente de l'Observatoire régional de la parité. Certaines femmes estiment que c'est aux hommes de s'occuper de politique. » Ce n'est pas l'avis de Caroline Vannier, tête de liste (UMP) à Hellemmes : « La parité oblige à présenter des femmes, ce qui leur permet de se tester. » Problème : selon Michèle Mathé, les candidates manquent de réseaux. « Il y a peu d'élues aujourd'hui, donc peu d'alliées pour la désignation des têtes de liste. » Mais Gilles Pargneaux, secrétaire du PS dans le Nord - parti qui présente huit femmes têtes de liste pour 85 communes dans l'agglo - se veut rassurant : « Il y aura beaucoup d'adjointes élues cette année, donc plus de candidates la prochaine fois. » Rendez-vous dans six ans.