Petit moral chez les commerçants

Alexandre Vau - ©2008 20 minutes

— 

Même son de cloche dans toutes les boutiques de la grande rue de Nogent. « Le maire pourra peut-être améliorer le stationnement, comme la première heure de parking gratuite qui a été instaurée en centre-ville, souligne Catherine Matruchot, présidente de la Fédération des associations de commerçants du Val-de-Marne. Mais ça ne changera pas le problème : hormis quelques achats ponctuels, les habitants vont dans les grandes surfaces et à Paris. Voire sur Internet. »

Pour s'adapter aux nouveaux modes de consommation, la Mairie de Paris a ouvert des marchés d'après-midi à Bercy, Baudoyer, Saint-Honoré, Anvers, Bourse, Saint-Eustache et les Halles, qui rencontrent un certain succès. Mais dans la capitale, c'est bien le nombre de supérettes qui a explosé pour passer de 233 en 2003 à 314 en 2005. Pendant ce temps, le petit commerce souffre, comme les poissonneries, qui ne seraient plus que 113 à Paris. Jean-Pierre, l'un des dirigeants de la poissonnerie Soguisa, rue Montorgueil (2e), reconnaît que ses prix « sont devenus trop cher », à la fois car « le poisson se fait de plus en plus rare », mais aussi à cause du loyer. « Nos murs ont été rachetés. Et le nouveau propriétaire me demande deux fois plus qu'avant. » Il risque de fermer.

Selon Geneviève Roy, vice-présidente de la chambre de commerce et de l'industrie de Paris (CCIP), « dans les cinq ans à venir, 11 000 commerces seront cédés, majoritairement suite à des départs en retraite », ce qui représente un commerce de détail sur six à Paris.