Le Mouch qui pique

G. Frouin

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Des sept candidats déclarés à la mairie de Nantes, il est probablement le plus inattendu. Pierre Combarnous, 30 ans, est la tête de liste de «Culture(S) à Nantes», poil-à-gratter de Jean-Marc Ayrault dans cette campagne. Un mouvement «citoyen», mais «de gauche», précise-t-il. «Si on était de droite ou du centre, on s'appellerait Diver­tissement(S).» Son thème de prédilection? La culture, évidemment... mais pas seulement. «Une rue animée le soir, c'est aussi une réponse aux questions de sécurité», fait valoir celui que la scène slam nantaise connaît sous le nom de «Monsieur Mouch».

Arrivé de Bordeaux il y a trois ans, cet ancien étudiant en architecture et sciences politiques se rappelle s'être arrêté à l'époque «devant la très jolie vitrine» culturelle nantaise. «Mais maintenant, je ne sais pas si je veux rester», confie-t-il. Pierre Combarnous regrette en particulier «l'indépendance perdue» des associations nantaises, qui «doivent participer à la communication culturelle de la mairie en échange de subventions». A la veille du scrutin, ce «conteur» de métier ne se raconte toutefois pas d'histoires. «On ne sera pas au second tour. Nous voulons seulement que la future mairie prenne en considération notre manière de voir.» «Culture(S) à Nantes» ne sera pas pour autant un coup d'épée dans l'eau. «Si j'étais élu, la liste se transformerait en groupe de travail, dont je serais le porte-parole. On pourrait peut-être aussi créer une association ou un fanzine, en connexion avec les mouvements similaires des autres grandes villes de France.»

En attendant, aux côtés des trois listes d'extrême gauche (Lutte ouvrière, LCR-Emgann et Parti des travailleurs), «Culture(S) à Nantes» va à coup sûr chiper des voix à Jean-Marc Ayrault le 9 mars. «Notre électorat n'est pas le même, il est plutôt dans les 49% d'abstentionnistes de 2001», se défend son chef de file. Et si, lors d'un éventuel second tour, Sophie Jozan (UMP) ou Benoît Blineau (MoDem) l'emportaient face au maire sortant? «J'aurais grave les boules», admet-il. Avant de se reprendre: «Je serais triste si la droite passait, mais je le serais aussi s'il n'y avait plus de débat à gauche.»


Monsieur Mouch slamme sur scène