« Il faut une police municipale armée »

INTERVIEW Stéphane Ravier, FN, tête de liste «Les Marseillais d'abord!»

Recueilli par Amandine Rancoule

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Stéphane Ravier, FN, tête de liste «Les Marseillais d'abord!»

Vous faites campagne sur le thème de la sécurité publique. Pourtant ce n'est pas une compétence directe du maire...

Il y a la police municipale, qui peut être une force utile. Actuellement, elle compte 280 personnes dont environ 80 sur le terrain par roulement, essentiellement en centre-ville à persécuter les automobilistes. Je m'engage à multiplier par trois les effectifs et à les déployer sur toute la ville, notamment dans les transports en commun et devant les établissements scolaires. Ils seraient équipés d'armes à feu et patrouilleraient aussi de nuit. La présence de policiers armés est dissuasive pour les délinquants.

Vous prônez une révision de l'aide aux associations. Ne craignez-vous pas de fragiliser le lien social dans les quartiers ?

Je n'achèterai pas la paix civile avec des subventions aux associations. Certaines font du racket organisé. Combien de temps va-t-il falloir continuer à mettre la main à la poche pour que les délinquants ne mettent pas les quartiers à feu et à sang ? Si je suis élu maire, je n'attribuerai des subventions qu'aux associations de plus de trois ans, selon le nombre d'adhérents, et si elles ont ou non une activité régulière.

Que proposez-vous en matière de fiscalité ?

Il faut arrêter d'augmenter les impôts locaux. L'Insee annonce une année difficile, et la mairie n'a plus d'argent. Mais Gaudin et Guérini continuent à annoncer des projets pharaoniques qu'ils ne pourront pas tenir. Quand je vois des projets comme le Mucem, on fait du clinquant, du bling-bling. Ce n'est pas cela la priorité pour les Marseillais.

Quelle est votre position sur la grande mosquée ?

La mairie a fait une subvention déguisée en louant le terrain de la grande mosquée à un tarif sous-évalué, et nous avons déposé un recours en justice. C'est aux pratiquants de financer leurs lieux de culte. Et la religion musulmane et ses édifices doivent s'intégrer dans l'environnement. Avec, par exemple, un bâtiment de la même superficie, mais sans minaret. Le problème c'est que la grande mosquée ne répond pas aux besoins. Beaucoup de musulmans préféreraient plutôt la réhabilitation de leurs mosquées de quartier.

Quel est votre objectif pour le premier tour et votre position pour le second ?

On peut tabler sur 10 à 12% dans l'ensemble de la ville. Le mode de scrutin municipal nous garantit d'avoir des élus si nos électeurs se mobilisent. Nous nous maintiendrons au second tour, partout où cela est possible. Nous n'irons ni avec Guérini ni avec Gaudin. Nous serons une force d'opposition et de proposition. Et peut-être que le maire aura une oreille attentive.