« Toutes les campagnes sont difficiles »

INTERVIEW Rachida Dati est candidate UMP à la mairie du 7e arrondissement de Paris...

Recueilli par Stéphane Colineau

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Rachida Dati, ministre de la Justice, tête de liste dans le VIIe arrondissement de Paris
Rachida Dati, ministre de la Justice, tête de liste dans le VIIe arrondissement de Paris — Joël Saget AFP/Archives

Rachida Dati, ministre de la Justice, est candidate UMP à la mairie du 7e arrondissement de Paris.

Un sondage publié ce dimanche crédite votre liste de 60 % des voix au second tour des municipales dans le 7e arrondissement de Paris. Pourtant, la semaine dernière, on parlait du risque d'un effet «Neuilly»...

Neuilly, ce n'est pas la France, les habitants du 7e le savent bien. Ils me parlent de leur quartier.

Vous n'avez jamais craint un rejet du parachutage ?

Je vis depuis longtemps à Paris, j'habite dans le 7e. Toutes les campagnes sont difficiles, quel que soit le lieu et votre appartenance politique. Pour les habitants du 7e, ce qui compte, c'est de savoir si on sera là et si on va s'occuper de leurs problèmes. Depuis mon investiture, mi-novembre, je fais quinze réunions d'appartement par semaine et j'essaye, modestement, d'être, avec mes colistiers, chaque jour à l'écoute des habitants.

De quoi vous parlent les habitants du 7e ?

Ils souhaitent que le Champ de Mars soit réhabilité, que la garde d'enfants soit mieux prise en charge, qu'il y ait d'avantage d'équipements sportifs et culturels et qu'une petite ligne de bus puisse traverser le 7e.

Ils ne font pas de confusion entre la candidate et la proche du Président ?

Il est évident pour eux qu'être la ministre de la Justice du gouvernement de Nicolas Sarkozy est important. D'ailleurs, ils me parlent des réformes que j'ai engagées comme la loi sur les délinquants dangereux et celle de lutte contre la récidive. Certains évoquent même des décisions de justice personnelles.

Rien sur le pouvoir d'achat et l'impopularité du Président ?

Les commerçants me parlent du pouvoir d'achat et de la nécessité de poursuivre les réformes. D'une manière générale, les Français considèrent que Nicolas Sarkozy est le plus capable de mener à bien ces réformes et qu'il doit continuer.

La tradition catholique est forte dans le 7e. Est-ce un problème de ne pas être de cette confession ?

Je n'ai jamais entendu ce type de remarque à mon égard. Le 7e est un arrondissement oecuménique. Ses habitants sont généreux et ouverts quelles que soient leur origine, leur condition, leur croyance.

Vous ne parlez jamais de vos origines ni de votre confession...

Cela relève de la sphère privée.

Si les emplois du temps de maire et de ministre sont incompatibles, quel choix ferez-vous ?

La question ne se pose pas ainsi. Je serai présente dans le 7e au quotidien. C'est une affaire d'organisation.

Des personnalités de tous bords, dont Dominique de Villepin et François Bayrou, lancent un appel pour «une vigilance républicaine». Cela vous gêne cette défiance à l'égard du président ?

85% des Français qui participent à une élection, est-ce de la défiance? 53% d'entre eux qui portent leurs suffrages sur Nicolas Sarkozy, est-ce de la défiance? Nicolas Sarkozy a été élu et exerce le pouvoir en conformité avec les institutions de la Ve République. Tout cela me rappelle le procès que faisait Mitterrand à De Gaulle, qu'il accusait de coup d'état permanent. Cela ne grandit pas les signataires.

Simone Veil juge «injuste» de faire porter par les enfants de CM2 la mémoire d'un enfant victime de la Shoah. Cette intervention vous touche-t-elle?

L'idée de Nicolas Sarkozy est belle et généreuse. Simone Veil a exprimé un désaccord. Peut-être la mémoire d'une victime de la Shoah doit-ell être portée par une classe entière, et non par un enfant seul. Il faudra voir les modalités de transmission de cette mémoire. D'ailleurs Xavier Darcos y réfléchit.

Simone Veil soulève aussi le risque d'attiser les antagonismes religieux...

Nous parlons de crimes contre l'humanité et il est important, le plus tôt possible, que ce devoir de mémoire soit transmis aux générations futures.