A Istres, la gauche sème le doute

Frédéric Legrand

— 

Un élu istréen en rigole: «Ça va être un foutoir!...» Depuis deux mois, Istres est en effet le théâtre d'intenses chassés-croisés politiques en vue des municipales. Dans le rôle du revenant : François Bernardini (divers gauche). Ancien maire de la ville et ex-président du conseil général, l'homme a été exclu du PS en 2001, après sa condamnation pour «abus de confiance». Bernardini s'était relancé en politique en 2006 en aidant à l'élection à la mairie d'Istres d'une de ses proches, Nicole Joulia (divers gauche), à la faveur d'une partielle. Redevenu éligi-ble, il se présente lui-même cette année.

Le scrutin s'annonce serré: en 2006, Nicole Joulia l'avait emporté de 260 voix contre le candidat PS Michel Caillat. Les deux camps rivalisent donc pour s'attirer des alliés de gauche et du centre. « J'ai le soutien des Radicaux et de la quasi-totalité des militants communistes », explique Alain Detavernier, candidat socialiste. « Il n'y a que le PS qui refuse de travailler avec nous », réplique François Bernardini.

La droite espère tirer profit de ces divisions. L'UMP a rassemblé 12% des voix à en 2006, puis 39% aux dernières législatives. «Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas fait de tels scores», se réjouit Alain Aragneau. «Si toute la droite se rassemblait, on serait majoritaires, estime José Rodriguez (FN), 6,5% aux législatives. Mais ce n'est pas la stratégie d'Aragneau.» PS et UMP devraient présenter leurs listes début février. Encore un mois de négociations en vue.

fiche
Quatrième ville du département, Istres fait partie de l’agglo Ouest- Provence. Elle compte 39.000 habitants, dont 29.000 inscrits sur les listes électorales. A la présidentielle, Nicolas Sarkozy y est arrivé en tête au premier tour, avec 29,7 % des voix, suivi de Ségolène Royal (25%), François Bayrou (15,5%) et Jean-Marie Le Pen (13,4%). Aux municipales de 2001, Bernardini, exclu du PS, avait malgré tout été élu, rassemblant 41% des voix au premier tour. Condamné à cinq ans d’inégibilité, il avait alors laissé sa place au socialiste Michel Caillat.