Montpellier et Nîmes: Neuf viticulteurs entendus par le SRPJ dans l’affaire des vins espagnols

VITICULTURE A la suite de plainte de grandes surfaces, neuf viticulteurs ont été entendus par le SRPJ à  Montpellier et Nîmes. Ils protestent depuis plusieurs mois sur les fraudes à l’étiquetage de nombreux vins espagnols…

Jerome Diesnis

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Une vigne du Languedoc, le 5 juin 2017
Une vigne du Languedoc, le 5 juin 2017 — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Neuf viticulteurs ont convoqués par la police à Nîmes et Montpellier dans le cadre de la crise des vins espagnols
  • Soutenus par une centaine de collègues, ils sont ressortis libres. Au moins deux d’entre eux ont refusé de donner leur ADN
  • Le monde viticole est en crise et accuse les vins espagnols de procéder à des fraudes massives à l’étiquetage faisant chuter les cours

Le SRPJ de Montpellier a entendu neuf viticulteurs à Montpellier et Nîmes, dont plusieurs responsables syndicats du Gard et de l’Aude. Ils étaient convoqués à la suite de plaintes, notamment celle du supermarché Géant Casino Cap costières, à Nîmes, le 30 mars, mais aussi pour le blocage à deux reprises du blocage du péage du Boulou, dans les Pyrénées-Orientales.

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Ces derniers mois, les vignerons ont multiplié les actions coups de poing pour dénoncer la concurrence déloyale des vins espagnols : ils alertent l’opinion publique non pas sur la vente des vins proprement dit, mais sur l’étiquetage et la mise en rayon d’une partie de ces vins qui laissent à croire au consommateur qu’il achète du vin français.

Les viticulteurs ont contrôlé plusieurs rayons de grande surface, déversé de l’huile sur les BIB (principale cible de leur mécontentement) ou répandu à terre le contenu des produits incriminés. Lors de leurs actions, ils ont également vidé la cuve d’un camion espagnol ou bloqué l’accès à l’A9.

Leur audition s’est faite dans un climat tendu. Une centaine de personnes s’est rassemblée sur le parvis de l’hôtel de police de Nîmes pour soutenir leurs collègues. Les forces de l’ordre ont dû faire usage de lacrymogène lorsqu’ils ont tenté en vain de rentrer dans l’enceinte du commissariat.

« Il n’y a pas de justice pour les voyous de la grande distribution et du négoce. »

A la sortie des convoqués, le calme était revenu. Leur audition aura duré deux heures. Au moins deux viticulteurs, Lionel Puech et Xavier Fabre - respectivement président des Jeunes Agriculteurs du Gard et porte-parole du Syndicat des Vignerons Gardois – ont refusé de donner leur ADN. « On est considéré comme des voyous. Ils ont voulu prendre notre ADN pour nous ficher comme n’importe quel brigand », peste le second. « Nous avons porté plainte contre les dirigeants d’enseignes de la grande distribution de la région en janvier, en février et en avril concernant des fraudes à l’étiquetage. Ils n’ont toujours pas été entendus. Il n’y a aucune raison que l’on passe avant les autres. Il n’y a pas de justice pour les voyous de la grande distribution et du négoce. »

Ressortis libres, les vignerons s’attendent désormais à des suites judiciaires, alors que l’exaspération est à son comble dans la profession.