Béziers: Menacé de représailles sur sa famille, il est contraint de dévaliser son employeur

JUSTICE Le tribunal correctionnel de Béziers a cru un homme contraint de voler son employeur. Même s’il n’a pas donné le nom de ses agresseurs, il leur a donné des gages de bonne foi...

Jerome Diesnis

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Le marteau de la justice. Illustration.
Le marteau de la justice. Illustration. — PureStock - Sipa

Un homme contraint de commettre des vols chez son employeur par une bande de malfaiteurs a été condamné à six mois avec sursis par le tribunal correctionnel de Béziers. Les juges ont cru en la bonne foi de cet individu sans antécédent judiciaire, en le condamnant à une peine plus symbolique que répressive.

En 2013, cet employé d’une structure spécialisée dans la vente de téléphone portable à Béziers, avait subtilisé des chèques dans la caisse, ouvert de faux contrats pour récupérer les téléphones neufs associés avant de s’introduire un soir dans le magasin, pour y rafler 145 téléphones… et quitter la France dans la foulée après avoir vendu tous ses meubles.

« Je l’ai fait sous la contrainte, explique-t-il. J’ai volé les chèques et je les ai détruits en espérant être licencié. Ils menaçaient de s’en prendre à ma famille. Je voulais être écarté de tout ça. »

Il prévient la Caf de son départ et les autorités de son retour

Le prévenu n’a pas donné les noms de ceux qui le menaçaient. Si les juges l’ont cru, c’est qu’il a donné des signes d’honnêteté une fois hors de France. Il a de lui-même averti la Caf de son départ afin qu’elle mette un terme aux versements des prestations familiales.

C’est en apprenant le décès dans un homicide d’un de ses agresseurs qu’il a décidé de rentrer en France de lui-même, en prévenant les forces de l’ordre de son retour. Le tribunal correctionnel a jugé ces preuves de bonne foi suffisantes.