« On ne respectera pas l'arrêté du maire »

PROPOS RECUEILLIS PAR christophe castieau

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Mounir Letaïef craint un important manque à gagner.
Mounir Letaïef craint un important manque à gagner. — c. castieau / 20MINUTES

Mounir Letaïef s'affiche en porte-parole des commerçants concernés par l'arrêté municipal qui interdit aux épiceries d'ouvrir entre 2 h et 6 h.

Ne deviez-vous pas saisir

la justice lundi matin ?
Avec mon avocat, on a écrit à la mairie pour discuter mais nous n'avons pas de réponse. On attend un peu mais, si elle ne bouge pas, on déposera deux recours auprès du tribunal administratif contre un arrêté que j'estime discriminatoire.
Quel manque à gagner peut-il occasionner ?
Nous, on commence à travailler quand les bars et restaurants ferment, entre 1 h et 2 h [l'été]. Nous sommes des épiceries de nuit. Certains perdraient entre 30 et 40 % du chiffre d'affaires.
Des regroupements bruyants se créent près de vos magasins, selon la mairie...
Cela ne tient pas. EOn va faire constater par huissier qu'il n'y a pas de regroupements devant nos épiceries. Les habitants et les commerçants disent qu'ils sont contents qu'on soit là parce que cela sécurise le quartier...
Continuez-vous à vendre

de l'alcool après 22 h

malgré l'interdiction ?
Non, je respecte la loi. Si d'autres ne le font pas, la police est là pour la faire respecter. Je ne veux pas payer pour les autres.
Vos épiceries seront-elles fermées cette nuit ?
On ne respectera pas l'arrêté du maire jusqu'à la décision définitive du tribunal administratif .
Et s'il vous demande

de fermer ?
On fermera. Je suis confiant parce que la justice œuvre dans l'intérêt du citoyen...

« Des plaintes de riverains »

« Nous n'avons pas pris cette mesure contre les épiceries, souligne Régine Souche, adjointe en charge de la sécurité publique. Nous avons un nombre grandissant de plaintes de riverains au sujet de regroupements bruyants et de bagarres. » « Toutes les personnes concernées ont été averties » de cet arrêté, valable jusqu'au 30 septembre.