Six chefs servent la solidarité dans l'assiette

Navina Kaden

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E. Cellier et P. Morel invitent à dîner.
E. Cellier et P. Morel invitent à dîner. — Olivier Maynard

Ça s'agite derrière les fourneaux du restaurant montpelliérain La Maison de la Lozère. Ce mercredi soir, le chef Eric Cellier accueille cinq de ses confrères dans la cuisine qu'il gère avec Pierre Morel pour venir en aide au Japon. L'idée vient de Keisuke Matsushima. En mars 2011, ce chef japonais est là-bas quand le pays est frappé par la catastrophe. De retour en France, Keisuke Matsushima souhaite aider son pays et fait appel à la solidarité de ses amis cuisiniers.

Le Japon et la région réunis
L'association Solidarité Chefs pour le Japon est née, ainsi que les dîners caritatifs. « Je n'ai pas hésité une seconde lorsque l'association m'a sollicité » explique Eric Cellier, qui va réunir le Languedoc-Roussillon et le Japon dans une même assiette. « Pour ce soir, j'ai concocté un filet de turbot à l'infusion de shiitake, une émulsion de muscade, le tout accompagné de légumes verts et poireaux grillés », confie le chef. De quoi ravir les papilles des cinquante convives attendus. Pour déguster ce menu gastronomique, ils vont s'acquitter de 130 € par personne, intégralement reversés à la Croix-Rouge. Le Japonais Masahi Lijima s'est également joint à l'association. Ancien second de cuisine à la Maison de la Lozère, il a sollicité Eric Cellier pour accueillir cette soirée pas comme les autres. « Beaucoup de Japonais, notamment à Fukushima dont je suis originaire, vivent encore dans des habitations précaires, alors pour aider, on met la solidarité dans l'assiette » conclut le chef, en charge, ce soir, des apéritifs.

Fukushima

Après le violent séisme qui a frappé le Japon le 11 mars 2011, le pays est également confronté à un accident nucléaire à la centrale de Fukushima. Hors services depuis l'accident, les japonais espèrent que la centrale sera démantelée dans 40 ans.