« Resserrement entre gauche et droite »

CHRISTOPHE CASTIEAU

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Le scrutin présidentiel est à peine terminé qu'on se projette déjà sur les élections législatives des 10 et 17 juin prochains. « Attention à ne pas reporter les rapports de force de la présidentielle sur une élection différente, même un mois après », prévient Emmanuel Négrier, professeur de sciences politiques à l'université Montpellier-I, rappelant que les législatives attirent moins d'électeurs. Pour autant, forte de la dynamique de la victoire et avec un FN plus arbitre que jamais, la gauche peut gagner des sièges à l'Assemblée.
Deux députés socialistes (2e et 5e circonscriptions) pour cinq UMP, tel est le paysage héraultais actuel qui évoluera en juin, ne serait-ce que parce que deux nouvelles circonscriptions sont nées du discuté redécoupage. S'il ne voit pas de vague rose dans le département, Emmanuel Négrier constate « un resserrement entre gauche et droite avec, dans la perspective des législatives, des négociations plus ou moins avancées entre leurs différentes composantes. »

Le FN, plus qu'un arbitre
La gauche devrait conserver ses deux bastions (Montpellier et le Biterrois) mais peut envisager de conquérir Montpellier-Sud (1re circonscription où elle a fait 50,36% à la présidentielle) sur laquelle le FN (20 % au premier tour) aura un rôle à jouer ; Montpellier-Est (3e) où le sortant Jean-Pierre Grand (UMP) n'aura pas la partie facile (la gauche réalisant 50,45 % dimanche) et Montpellier-Ouest (4e, où le FN a fait 22 % le 22 avril) malgré la personnalité de Robert Lecou (UMP). Tout reste ouvert ailleurs, notamment parce que le FN peut accéder à des triangulaires. « Il peut être arbitre dans la 9e (Lunel-Mauguio, 22 % au premier tour), la 8e (Frontignan, 22 %), la 7e (Agde-Sète, 24 %) et même aller au bout dans la 6e (Béziers, 27 %) », explique le politologue, soulignant que, dans certaines circonscriptions, « le FN ne sera pas seulement arbitre comme à la présidentielle mais acteur à part entière. »
« L'Hérault est un laboratoire intéressant à plus d'un titre pour mesurer l'évolution de la politique en France », conclut-il. Nouvelle photographie dans un mois.