La Comédie chante la gauche

n. kaden, c. castieau

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Du QG de l'UMP, où le coup est dur à encaisser, à la Comédie où la fête commençait en passant par la mairie, Montpellier a vibré dimanche soir.
Du QG de l'UMP, où le coup est dur à encaisser, à la Comédie où la fête commençait en passant par la mairie, Montpellier a vibré dimanche soir. — R MAUROIS / 20 minutesR MAUROIS / 20MINUTESR MAUROIS / 20MINUTESc. castieau / 20MINUTESN KADEN / 20MINUTES

Le QG de l'UMP, aux Arceaux, fait la grimace quand un cri s'étire vers la Comédie. « Ils vont bouffer de la vache maigre pendant cinq ans », peste un militant rentrant chez lui quand, par petites grappes, d'autres vont faire la fête sur la place montpelliéraine. Elle mettra de longues minutes à prendre l'air des grands soirs mais la nuit va être interminable, c'est sûr, pour le « peuple de gauche ». « Il [Nicolas Sarkozy] se casse », jubile Jean-Michel, pressant le pas vers le cœur de Montpellier.

« Mon fils est homosexuel »
« Une page se tourne, les Françaises et les Français viennent de donner naissance à un nouvel espoir », a lancé, plus tôt, Hèlène Mandroux de sa mairie où, à 20 h, la joie a explosé à la lecture du nom du septième président de la République sur les écrans installés pour l'occasion. « Mon fils est homosexuel, je ne rêvais que d'une chose : pouvoir assister à son mariage », s'enthousiasme Annie, les larmes aux yeux. Valentine est venue pour l'ambiance, satisfaite du résultat. « J'attends ce moment avec impatience depuis cinq ans », confie-t-elle, le sourire aux lèvres. Et elle ajoute : « La nuit dernière, je n'étais pas rassurée, mais là, je vais faire la fête très tard. » « Je suis content que les Français aient licencié Nicolas Sarkozy », commente David, venu avec une rose à la main. Il aurait toutefois aimé « un plus grand écart entre le président sortant et notre nouveau président François Hollande ».
Qu'importe, les socialistes se sont donné rendez-vous sur l'Esplanade qui devient progressivement noire de monde. Percussions et rythmes endiablés sont au rendez-vous. « On a mis Sarkozy à la retraite », chante une enfant de 5 ans quand, à quelques mètres, des militants du Front de gauche entonnent L'Internationale au pied des Trois Grâces. « Je ne pense pas que cela va être la révolution mais, quand même, quel bonheur de gagner enfin, se lâche Pierre, 40 ans. Je me rappelle de la joie de mes parents en 1981, je crois que je n'avais jamais gagné depuis », poursuit-il, persuadé que « certaines choses vont changer ».
Il est 22 h et la Comédie célèbre la gauche. « On verra demain pour ce qui est du changement », dit un socialiste. L'heure est à la fête. La nuit aussi.

résultats à 22 h

Alors que le dépouillement se poursuivait à l'heure où nous imprimions ces lignes, François Hollande est arrivé très largement en tête dans la plupart des bureaux de vote de Montpellier. Dans le bureau de vote n° 87 (à l'école Antoine Balard), les 779 votants sur 1 097 inscrits ont élu le candidat socialiste avec 82,06% contre 17,93 % pour Nicolas Sarkozy. Ailleurs, les premiers résultats sont plus ou moins identiques à la moyenne nationale. Une fois de plus, Montpellier a confirmé sa réputation de ville de gauche...