« Je ne vote plus, c'est trop difficile »

CHRISTOPHE CASTIEAU

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Vincent, pianiste et aveugle, aimerait pouvoir voter seul.
Vincent, pianiste et aveugle, aimerait pouvoir voter seul. — C.CASTIEAU/20MINUTES

Voter, un geste simple qui reste compliqué pour les personnes handicapées. Présentes en nombre, mercredi au Corum, pour la 5e journée citoyenne du Handicap organisée autour de l'accessibilité au sport, beaucoup d'entre elles confient toutes les difficultés qu'elles rencontrent encore pour accomplir leur devoir citoyen.

Citoyens à part
« Nous ne sommes pas considérés comme des personnes sociales à part entière », pose Vincent Hoeffmann, pianiste-chanteur, lequel a compté, au 1er tour, sur une personne de confiance pour glisser le petit papier dans l'urne. Aveugle, ni les bulletins ni les professions de foi ne lui sont accessibles en braille ou par un système audio. « Cette situation de dépendance est inacceptable en 2012 », peste Anne Marcellini, directrice du laboratoire « Santé, éducation et situations de handicap » à l'UM1. Pour elle, il serait temps que la loi du 11 février 2005 – qui oblige tous les établissements publics à être accessibles à tous – soit largement appliquée. « C'est un problème de citoyenneté, reprend-elle, or les personnes déficientes sont systématiquement traitées à part. » Elles seraient 12 millions en France, dont seulement 50 % déclarées handicapées.
Certains avouent leur renoncement. « Je ne vote plus, c'est trop difficile, témoigne Nathalie, atteinte de surdité. Les meetings ne sont pas sous-titrés, je ne comprends rien à la campagne. Il faut vraiment faire quelque chose. »

une seule réclamation le 22 AVRIL

Selon la ville de Montpellier, « une seule réclamation a été déposée au 1er tour » d'une personne ayant attendu qu'on lui ouvre l'accès handicapés. Assurant que tout était fait pour que l'ensemble des bureaux de vote soient accessibles aux personnes à mobilité réduite, la mairie encourage celles qui rencontrent des problèmes à se manifester.