Un riverain vide son sac face à la mairie

Nicolas Guyonnet

— 

Raymond Rouby devant l'entrée du terrain où sont installés les Roms illégalement.
Raymond Rouby devant l'entrée du terrain où sont installés les Roms illégalement. — N.GUYONNET / MDS / 20MINUTES

C'est un acte de désespoir, de colère. Celui de Raymond Rouby, un sexagénaire montpelliérain qui subit depuis deux ans les nuisances d'un camp de Roms installé en face de chez lui. Pour protester contre « le laxisme et le mensonge du maire de Montpellier », ce riverain de la rue du Puech Villa, dans le quartier Euromédecine, a déversé une remorque pleine de poubelles et déchets sur le parvis de l'hôtel de ville, mardi matin. Un acte symbolique le jour du deuxième anniversaire de l'installation du camp. « Ce sont les déchets que les Roms laissent sur le trottoir et dans la rue, qui leur servent de W.-C. », grince-t-il. Une centaine de personnes occupent ce camp, situé sur le terrain de 3 000 m2 d'une villa appartenant à la ville de Montpellier.

La préfecture attend

la demande de la ville
« Dès leur arrivée, j'ai alerté la mairie qui m'a indiqué qu'elle allait les expulser. » Le 18 mai 2010, une lettre de l'adjoint au maire Frédéric Tsitsonis confirme à Raymond : « Nous avons entamé une procédure d'expulsion ». Un an plus tard, après l'envoi « de plus d'une dizaine de courriers de réclamation, et d'une pétition signée par 80 riverains », Raymond reçoit la copie d'un courrier du préfet adressé au maire informant : « Vous avez obtenu une ordonnance d'expulsion en juillet 2010, or je n'ai toujours reçu aucune demande d'intervention de votre part. » Raymond et son épouse, qui louent des appartements de tourisme face au terrain occupé voient leurs locataires fuir « à cause des nuisances, des feux et fumées incessants chaque soir. » Dans un courrier du 19 mars 2012, la préfecture indique que la mairie n'a toujours pas demandé d'expulsion. « Le 22 mars, j'ai interpellé le maire qui m'a répondu que c'est la faute de la préfecture », s'emporte Raymond. Il se félicite toutefois que « mardi, après avoir déposé les déchets, le directeur de cabinet du maire, m'a dit que le 30 avril il n'y aura plus personne. » Ce dernier confirme à 20 Minutes : « Nous nous sommes entendus avec eux, ils doivent partir. »