Dubois sport est victime de la délocalisation

Nicolas Guyonnet

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Alors que le « made in France » est l'un des thèmes de la campagne présidentielle, la situation de la société montpelliéraine Dubois Sport est emblématique de cette lutte contre les délocalisations de marchés et de production à l'étranger.
Le plus ancien fabriquant français de vêtements de sport perd en effet depuis plusieurs années de nombreux marchés, « qui sont ensuite attribués à des entreprises qui sous-traitent au Bangladesh, en Chine et en Inde pour beaucoup moins cher que nous », indique Laurent Dubois, à la tête de la société familiale depuis une vingtaine d'années.

« Nous perdons nos marchés

sur le critère du prix »
Les contrats les plus importants sont ceux conclus avec l'armée française depuis 1995. « Nous leur fournissions des survêtements, des coupe-vent et des culottes de sport. » En 2008, ces marchés représentent 80 % de l'activité de la société qui employait alors près de 80 personnes. « Un an plus tard, nous avons perdu les premiers marchés de l'armée. Le dernier nous a été retiré il y a un peu plus d'un mois », déplore le patron qui a vu le chiffre d'affaires de Dubois Sport fondre de quatre millions d'euros à moins d'un million en trois ans. Seule une dizaine d'ouvriers travaillent actuellement dans l'usine située dans le quartier Garosud.
Et les salariés de la société fondée en 1929 sont inquiets. Après avoir livré les centrales spécialisées comme celle des magasins Décathlon, l'entreprise montpelliéraine travaille aujourd'hui principalement pour l'enseigne Intersport. « Mais comme nous perdons nos marchés sur le critère du prix, sur lequel nous ne pouvons pas lutter avec les entreprises étrangères, il faut que ça change vite », prévient un employé qui a plus de vingt ans d'ancienneté.
« Il faut maintenir la tradition et le savoir-faire français, renchérit Laurent Dubois. Les marchés publics doivent être relocalisés pour maintenir de l'emploi en France. »

présidentielle

Le patron de Dubois Sport a sollicité plusieurs candidats à la présidentielle au sujet de la situation de sa société. « Nicolas Sarkozy nous a répondu et soutenu par l'intermédiaire du ministre de l'Industrie. » Jeudi, c'est Nicolas Dupont-Aignan de Debout la République qui a rendu visite à l'entreprise. « Il a été dans notre sens, note Laurent Dubois. Je le pense sincère, même si je sais qu'il est en campagne. Mais notre situation interpelle. »