La guerre des taxis n'est pas en fin de course

Nicolas Guyonnet

— 

Les chauffeurs de taxis montpelliérains ne veulent pas d'« une concurrence déloyale ».
Les chauffeurs de taxis montpelliérains ne veulent pas d'« une concurrence déloyale ». — N.GUYONNET / MDS / 20MINUTES

Le climat se tend à nouveau entre les chauffeurs de taxis montpelliérains et la société de transport de personnes à prix réduit Easy Take. Le patron de la société Taxis bleus du midi, qui gère une flotte de 130 véhicules à Montpellier, majoritaire sur la ville, annonce : « Nous avons rallié les syndicats et les artisans autour de nous pour lancer une procédure contre Easy Take. Nous les attaquons, entre autre, pour concurrence déloyale », explique Djamal Keddouh.

Un incident déclencheur
Depuis l'été dernier et l'arrivée de ceux qui sont appelés «taxis low-cost», les professionnels montpelliérains protestent et ont multiplié les manifestations. Mais aucune action en justice n'avait encore été lancée. « On n'est pas contre la concurrence, mais là, elle n'est pas saine, ni loyale. Ces véhicules empruntent les voies de bus, stationnent sur nos emplacement alors qu'ils ne payent pas de licence de taxis, ni d'autorisation de stationnement. Ils font du taxi déguisé  », dénonce Djamal Keddouh après un incident survenu récemment près de la place de la Comédie. « Un chauffeur d'Easy Take a dérapé. Il a frappé et craché sur une femme chauffeur de taxi. Elle avait alerté ses collègues sur la Comédie pour bloquer une voiture Easy Take qui venait de lui prendre un client. » Selon Claudio Valenzuela, co-gérant d'Easy Take, « on nous intimide, on nous menace et on nous bloque les véhicules Easy Take mais aussi mes voitures taxis puisque j'ai aussi des licences officielles. On est victime de guet-apens alors que nous respectons les règles ». Et de se défendre concernant l'incident « qui s'est déroulé avec un chauffeur de taxi de ma société et pas avec un véhicule Easy Take. Il y a eu une claque donnée », reconnaît Claudio Valenzuela. Au commissariat, la police indique avoir « recueilli une plainte pour violence et dégradation le 27 février de la part d'une femme chauffeur de taxi. Elle dit avoir eu un jour d'ITT à la suite d'une agression d'un chauffeur de taxi qui l'a bloquée pour ne pas qu'elle prenne de clients, près de la Comédie. »