Plus précis et moins invasif

Nicolas Guyonnet

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Le robot acheté par Val d'Aurelle a coûté 1,1 million d'euros.
Le robot acheté par Val d'Aurelle a coûté 1,1 million d'euros. — N.GUYONNET / MDS / 20MINUTES

La chirurgie cancéreuse montpelliéraine franchit un cap. Demain, le professeur Philippe Rouanet effectuera au centre de lutte contre le cancer (CRLC) Val d'Aurelle, la première opération sur un patient à l'aide du robot chirurgical américain Da Vinci. « Il s'agira d'une dissection d'un rectum », précise le spécialiste. Ce nouveau procédé destiné à la chirurgie gynécologique, digestive et urologique est une révolution dans la médecine. « Avant, pour enlever ou traiter une tumeur, on ouvrait le ventre, et on travaillait à l'intérieur avec les mains », schématise Philippe Rouanet. « Ensuite on est passé à la cœlioscopie. Ce procédé permet d'intervenir sur un organe dans le corps, à l'aide de pinces maniées par des tiges droites. Elles peuvent couper ou tourner au choix du chirurgien qui se dirige à l'aide d'une caméra. »

Une vision de l'organisme en 3D
La technique réduit considérablement l'ouverture sur le corps et la cicatrice. « Le robot réunit les avantages des deux procédés. On fait des trous moindres dans le corps pour passer les pinces qui réagissent comme les mains du chirurgien, comme si les elles se trouvaient dans l'organisme. Elles reproduisent les mouvements des poignets et des doigts que je fais sur les manettes. Le robot va dans des endroits inaccessibles habituellement », poursuit le professeur. Les bras de l'engin sont articulés par une console intuitive dirigée par le chirurgien. Ce dernier a une vision en 3 D de l'intérieur du corps grâce à une micro caméra infiltrée dans l'organisme. Pour le patient, la récupération est meilleure et le travail effectué par le chirurgien est meilleur et plus précis. « Cette innovation n'a pas que des avantages », tempère Philippe Rouanet. Sur la console directrice, le chirurgien n'a pas la sensibilité, il n'a pas de retour de force. « Il faut être prudent et faire attention. Cela peut être dangereux », souffle-t-il. Les six chirurgiens du CRLC ont été formés, et une répétition générale aura lieu cet après-midi. Da Vinci devrait être utilisé trois fois par semaine.

partenariat avec beausoleil

Les six chirurgiens de Val d'Aurelle ne seront pas les seuls à travailler avec Da Vinci. Le CRLC a signé un partenariat avec la clinique Beausoleil qui permettra à deux chirurgiens urologues d'opérer leurs patients à Val d'Aurelle, après une formation, comme pour les autres chirurgiens. D'autres partenariats pourront s'ajouter à celui-ci.