Des délinquants de plus en plus jeunes

Nicolas Guyonnet

— 

Certains mineurs ont été arrêtés trente à quarante fois en 2011.
Certains mineurs ont été arrêtés trente à quarante fois en 2011. — n.guyonnet / mds / 20 minutes

Si jeunes et déjà récidivistes. Les geôles de garde à vue du commissariat central hébergent de plus en plus de mineurs. Jeudi soir deux ados de 15 et 16 ans, connus des policiers ont été surpris jeudi dans un appartement en train de cambrioler. Les voleurs se sont enfuis avec des bijoux et 600 € en liquide après avoir frappé l'occupant des lieux. Ils ont été interpellés dans le quartier Lemasson et l'un d'eux a été écroué en centre éducatif fermé. « Certains sont interpellés deux à trois fois par semaine », souffle un policier.
La part de mineurs dans la délinquance de voie publique « est en augmentation depuis 2010. On a toujours les 16-18 ans, mais de plus en plus de malfaiteurs arrêtés sont âgés de 13 à 16 ans. Certains n'ont pas treize ans. Parmi ces mineurs délinquants, on retrouve une proportion majoritaire de récidivistes », selon le commissaire Benoît Desmartin. Vol à la roulotte, cambriolages, vols avec violence sont les nouvelles activités de ces ados « qui agissent en toute impunité. Ils sont à l'aise avec nous. » Ainsi, selon la police, un tiers des cambriolages met en cause un mineur et 56 % des vols avec violences sont commis par des jeunes de moins de 18 ans. Des collégiens et des lycéens volent désormais des voitures ou des deux roues. « Ils sont arrêtés, mais ils savent qu'ils ne feront pas plus qu'une garde à vue ou un placement dans un centre ouvert, concède Benoit Desmartin. Ils recommencent quelques jours plus tard. Ils ne sont pas en phase avec la réalité judiciaire. » Et un policier de dénoncer : « A peine placés en foyer ou centre semi-fermé, ils s'en échappent le jour même. Les éducateurs ne peuvent pas les en empêcher » (lire ci-dessous).
Ces nouveaux délinquants n'aspirent pas à une carrière de caïd. « Ils cherchent des liquidités ». Ils ont pour la plupart abandonné le domicile familial et le système scolaire. « Ils dorment dans un garage, une voiture ou chez un copain. Ils vivent de ce qu'ils volent. Cette nouvelle délinquance est issue de quartiers sensibles, au nord de la ville ou à Celleneuve », confie un éducateur spécialisé.
La structure familiale est souvent la cause de la récidive. « Ce sont des jeunes en situation d'abandon par leurs parents, qui ne savent plus quoi en faire », note un enquêteur. Après chaque interpellation, il reçoit les familles de ces enfants.

s'organiser

Les délits des mineurs sont quotidiens. Cette lutte contre la délinquance des moins de 18 ans « est difficile », souffle-t-on au commissariat. Les policiers l'axent sur le travail avec les magistrats et les foyers « pour être alertés en cas de fuite et pour trouver des réponses pénales adaptées. Il s'agit de bandes d'ados qui agissent ensemble. Il n'y a pas de réseau spécifique organisé ».