60 % des agents se disent stressés

caroline rossignol

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Technologia avait envoyé 11 667 questionnaires et réalisé 300 entretiens au printemps.
Technologia avait envoyé 11 667 questionnaires et réalisé 300 entretiens au printemps. — c.rossignol / mds / 20 minutes

La moitié des salariés du CHU de Montpellier estiment que leurs conditions de travail se sont dégradées en deux ans. Tel est le bilan de l'expertise de Technologia sur les risques psychosociaux. Elle avait été menée au printemps dernier sur les 11 700 collaborateurs du CHU* à la demande du CHSCT, pour faire la lumière sur le suicide de 4 salariés en un an.
Ainsi, près de 60 % des agents disent avoir été « stressés » au cours de l'année passée et 47 % d'entre eux ne reçoivent pas « le respect qu'ils mériteraient au travail », rapportent les syndicats CFDT - CGT - CNI qui distribuent actuellement leur compte-rendu aux salariés du CHU. « Des agents évoquent leur “placardisation” et l'absence d'un recours au tiers par crainte, ce qui entraîne des situations de malveillance, de maltraitance et parfois de harcèlement », relève le document qui évoque « le silence du CHU sur de tels agissements ».

La direction veut écouter
En outre, « le travail à flux tendu entraîne un accroissement de l'absentéisme qui nuit à la productivité et à la sécurité des patients ». Pointées du doigt, les « nombreuses réformes » hospitalières, se résumant « à travailler plus avec des moyens de plus en plus réduits ». Ainsi, « les réunions d'équipes ont disparu ». Conséquence, « 51 % des répondants considèrent que l'ambiance s'est dégradée ». Et près de 44 % estiment même « que le travail a une incidence négative sur leur santé ». « Je constate aussi que 60 % sont satisfaits de leur situation professionnelle dans sa globalité. Il se trouve que le CHU n'a jamais eu autant de personnels et de moyens pour l'organisation », se défend le directeur du CHU, Philippe Domy, qui « n'ignore pas » pour autant certains problèmes d'encadrement. « Je prendrai acte des recommandations qui seront faites par le CHSCT. Pas celles de Technologia, qui est passé à côté d'un certain nombre de choses, comme l'information interne ». Philippe Domy prévoit notamment de rattraper « la dizaine d'années de retard de la plateforme web en rendant accessibles les dossiers des patients à tous les services ».
*Seuls 34 % des agents ont répondu.