deux fois plus de chances d'accoucher

caroline rossignol

— 

Léa est née le 28 novembre dernier, au CHU, de la vitrification embryonnaire.
Léa est née le 28 novembre dernier, au CHU, de la vitrification embryonnaire. — c.rossignol / mds / 20 minutes

C'est une première dans la région, qui était présentée hier en conférence de presse. Ludovic, 31 ans et Elodie, 26 ans, ont donné naissance en novembre dernier à Léa, au CHU de Montpellier. Elle est le troisième enfant né, en France, d'un procédé révolutionnaire de fécondation in vitro : la vitrification embryonnaire. « On nous a prélevé des ovules et du sperme et les médecins ont procédé à la fécondation. Ils ont congelé l'embryon et me l'ont placé un mois plus tard », dit la jeune maman.
La technique consiste à congeler l'embryon de façon immédiate à - 50 °C. « Avant, cette congélation se faisait lentement ( 0,3 °C par minute), ce qui engendrait la formation de cristaux. Et lors du réchauffement de l'embryon avant la pose dans l'utérus, il perdait des cellules, déjà peu nombreuses », détaille le Pr Hamamah, qui dirige la procréation médicalement assistée au CHU.

Multiplier les cellules
Avec la vitrification, l'embryon reste intact et le taux de succès, doublé. « 24 % des mamans «repartaient» avec un bébé, avec la congélation lente. Désormais, elles sont 50 % », se réjouit le professeur. La stratégie consiste en outre à attendre que l'embryon ait 5 jours de vie au lieu de 3 avant vitrification : plus il a de cellules, plus il est viable.« Ça a marché du premier coup, sourit Ludovic. Lui qui souffre de stérilité voit dans cette méthode « un espoir pour envisager un nouvel enfant ». 25 grossesses ainsi obtenues sont déjà en cours. En France, une trentaine d'établissements proposent la vitrification.

un recours encore restreint

Seuls les couples ayant recours à l'assistance médicale à la procréation ou les jeunes femmes soumises à un traitement stérilisant, peuvent bénéficier de la vitrification, selon la loi de Bioéthique de juin 2011. Compte tenu du recul de l'âge des grossesses, la France pourrait accepter d'étendre cette technique à tous, comme en Belgique ou en Espagne.