Le boîtier qui soulage les diabétiques

Nicolas Guyonnet

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Cette contraînte de se piquer le doigt pour contrôler son taux de glycémie disparaît avec le nouveau capteur.
Cette contraînte de se piquer le doigt pour contrôler son taux de glycémie disparaît avec le nouveau capteur. — GUSTAFSSON / LEHTIKUVA OY / SIPA

Cette recherche peut paraître anodine pour certains. Mais pour des personnes diabétiques, «c'est une véritable révolution dans notre quotidien de vie », confie Marie, insulino-dépendante. Le professeur Eric Renard du département d'endocrinologie du CHU de Montpellier vient de mettre au point un pancréas artificiel. Il explique son dispositif : « C'est un capteur qui ressemble à un petit cheveu glissé sous la peau et une pompe à insuline portable avec un petit tube est fixé sous la peau. Le tout est administré par un boîtier smartphone attaché à la taille. »

Testé sur un Montpelliérain
Au lieu de se piquer le bout du doigt pour contrôler son niveau de sucre et éventuellement le réguler en s'injectant une dose d'insuline, le patient atteint de diabète laisse agir l'appareil électronique. Le niveau de glycémie est analysé en permanence et c'est le smartphone qui commande l'injection d'une dose à la pompe à insuline. Ce pancréas artificiel a été testé sur un Montpelliérain de 54 ans. « Il a passé la soirée au restaurant, dormi une nuit à l'hôtel, puis passé une matinée sans avoir à se préoccuper de son taux de glycémie », se réjouit le professeur Renard. Ce dernier y voit dans sa recherche un intérêt nocturne particulier. « Les principales préoccupations des patients diabétiques sont le risque d'hypoglycémie la nuit quand ils dorment et qu'ils ne peuvent pas se contrôler. Or avec ce pancréas artificiel tout est régulé automatiquement, en dormant sereinement. » Ce premier test à Montpellier a été effectué en même temps en Italie, « avec autant de succès ». Si le concept est révolutionnaire, il n'est pas encore commercialisable. « Il faut étendre la durée d'étude dans la vie courante sur plusieurs jours puis plusieurs semaines. Ce pancréas artificiel ne sera donc pas sur le marché avant trois ou quatre ans minimum », confie-t-on au CHU de Montpellier.

VISITE

Anh Dao Traxel, la fille de Jacques Chirac et la présidente de l'association caritative européenne du dévouement civil et militaire qui a pour but d'aider les enfants malades, handicapés ou en difficulté sociale, était en visite ce week-end au CHU Arnaud de Villeneuve de Montpellier.