Des Expulsions sans solutions pérennes

Nicolas Guyonnet

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Les gendarmes ont passé quatre heures dans le camp où il était interdit de pénétrer.
Les gendarmes ont passé quatre heures dans le camp où il était interdit de pénétrer. — N.GUYONNET / MDS / 20MINUTES

L'histoire se répète. Hier matin, un camp de 55 Roms a été évacué par la police et des gendarmes mobiles, entre le château de la Mogère et le lycée Mendès France à Odysseum.
La plupart de ces Roms sont des personnes qui ont été évacuées d'un terrain municipal le mois dernier au Mas Rouge à proximité d'Odysseum.
« Ils avaient quitté ce terrain de la Mogère à cause d'une procédure d'expulsion en cours. Puis ils s'y sont réinstallés car un recours devait être examiné le 4 novembre. Ils pensaient être tranquilles jusqu'à cette date, mais cette audience de demande de grâce n'est visiblement pas suspensive », regrette Michel Roquefort du collectif de défense des Roms.

Hébergement d'urgence pendant deux jours
Conformément à la loi, le directeur de cabinet du préfet, Nicolas Honoré, a annoncé qu'« en accord avec les services sociaux, un relogement d'urgence de deux jours et de deux nuits » était proposé à la population évacuée. Une décision qui ne fait que reporter le problème puisqu'au bout de ces deux jours, cette cinquantaine de Roms, dont la moitié sont des enfants scolarisés, devront trouver un terrain pour installer leurs caravanes et leur camp. « Il appartient aux populations concernées de trouver une solution pérenne », prévient Nicolas Honoré. Et la préfecture d'annoncer : « Certains pourront faire l'objet d'un retour humanitaire dans les prochains jours, d'autres pourront bénéficier d'un retour volontaire sous réserve d'éligibilité. Les personnes qui faisaient l'objet d'une obligation de quitter le territoire seront reconduites par la police aux frontières dans leur pays d'origine ». C'est une décision judiciaire du 12 juillet dernier qui a rendu possible l'évacuation du terrain qui appartient à direction générale de l'aviation civile et qui est occupé illicitement depuis 2008.
Il a fallu plus d'une heure et demie de négociations entre le directeur de cabinet du préfet et les Roms pour que les caravanes et les véhicules quittent les lieux sans incident.