la menace de la rue après la démolition de l'immeuble

caroline rossignol

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Naïma et Omar ont décroché la pancarte prévenant de la démolition pour ne pas subir les visites des squatteurs.
Naïma et Omar ont décroché la pancarte prévenant de la démolition pour ne pas subir les visites des squatteurs. — c.rossignol / mds / 20 minutes

Dans les bras d'Omar, un bébé tousse. « La semaine dernière, il est resté trois jours aux urgences : il n'arrivait plus à respirer », explique ce père de deux enfants. L'aîné souffre déjà de bronchites chroniques. La cause, selon Omar : « les moisissures ».
Car la famille vit depuis 3 ans dans un logement insalubre du quartier des Aiguerelles. Face au danger pour la santé, Ie propriétaire décide il y a un an de détruire l'immeuble. La date est fixée au 15 novembre. Les locataires ont déménagé un à un. Sauf Omar et sa femme Naïma. « On a tous les deux perdu notre emploi en un an et nos revenus sont insuffisants pour trouver un toit. On est en train de perdre notre dignité », souffle Naïma, diplômée en psychologie. La famille vit avec 950 € mensuels. « Elle remplit les critères d'urgence pour une HLM, confirme Vincent Locecere, le directeur de la solidarité au conseil général, qui suit le dossier. Depuis plusieurs mois, on essaie de le faire passer en commission d'urgence, où se réunissent bailleurs sociaux et préfecture, sans succès à cause de la tension sur le logement social ». Le couple explore alors d'autres pistes, comme les Restos du cœur qui aident les plus précaires en sous-louant des logements dans le parc privé. « Mais ils ne trouvent pas à moins de 600 € de loyer, s'étonne Naïma. Et c'est 75 % de mes ressources ». « On fait un effort pour aller jusqu'à 40 % des revenus au lieu de 30 comme l'imposent normalement les agences, mais les prix ont tant grimpé qu'on ne trouve pas de logements accessibles », admet Françoise Vézinhet, la présidente des Restos du cœur. Seul recours, selon Ghislaine Passion, qui soutient la famille au nom de la CLCV, l'association de défense du logement : « La trêve hivernale débute mardi. Le promoteur n'aura pas le droit de démolir l'immeuble s'il n'a pas relogé la famille d'ici là ».