Dur réveil en cette rentrée

caroline rossignol

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L'école Jean Zay a fait sa rentrée avec sept instituteurs contre neuf en 2010.
L'école Jean Zay a fait sa rentrée avec sept instituteurs contre neuf en 2010. — c.rossignol / mds / 20 minutes

La cloche a sonné. Dans sa classe de CE2 de l'école Jean Zay, le directeur, André La Villa, commence son cours. Trois grandes rangées d'élèves sont disposées face au tableau. Un peu plus loin, en retrait, cinq enfants s'appliquent à une tablée peu ordinaire. « J'apprends à écrire le “i” », explique Lola. A 7 ans, l'enfant, issue de la communauté gitane, faisait hier sa deuxième rentrée scolaire. « Je jongle entre ma classe et les enfants qui ne savent ni lire ni écrire, souligne André La Villa. Je leur donne des livres de CE1 alors qu'ils sont en CE2 » Impossible pourtant d'inscrire ces enfants en CE1 : « On a 35 enfants de la communauté gitane et plusieurs autres qui sont en grandes difficultés, cela surchargerait la classe. »

Niveaux mélangés
Jusqu'en juin, ces élèves suivaient des cours en petits groupes dans une classe d'adaptation (CLAD), avec un maître d'aide. Son poste a été supprimé. « On se retrouve avec deux postes en moins. Ça ne va pas être facile », annonce André La Villa. Pour bénéficier d'une aide ponctuelle d'un maître spécialisé, il faut désormais « appeler au secours l'inspection d'académie ».
« On a des contraintes budgétaires. L'école n'est pas hors du monde : quand il y a des difficultés économiques, tout le monde doit faire des efforts », indique Philippe Wuillamier, l'inspecteur d'académie venu visiter l'établissement hier. « On m'a accusé d'avoir supprimé 30 postes d'aides dans l'académie, alors que j'en ai recréé 26, sauf qu'ils sont redéployés. L'Hérault était le seul département qui fonctionnait encore avec ce dispositif CLAD, de manière figée. Là, on le rend souple : les maîtres d'aide travaillent maintenant par secteur. »
Aux sept enseignants restants de l'école primaire d'avaler la pilule, sourire crispé. « Ils peuvent supprimer ce qu'ils veulent, on est déterminés à ne pas lâcher les gamins. Les instits seront toujours prêts à donner de leur temps », sourit André La Villa. Et de conclure : « C'est ça le drame, d'ailleurs ».
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un préavis de grève pour la fin du mois

256 000 écoliers sont rentrés hier (128 900 au collège et 93 600 au lycée) dans l'académie. 203 postes d'enseignants sont supprimés. Des manifs ont déjà eu lieu pour dénoncer ces suppressions, comme à Montaud où les parents ont amené une quarantaine de moutons dans l'école, scandant : « Ne parquez pas nos enfants comme des moutons! » Une grève est prévue le 27 septembre.