le paradis des surfeurs à odysseum ?

caroline rossignol

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La vague artificielle serait réalisée sur ce modèle des créateurs espagnols Wave Garden.
La vague artificielle serait réalisée sur ce modèle des créateurs espagnols Wave Garden. — JAVI MUNOZ PACOTWO; / wave garden

C'est le projet dont manquait Montpellier. Un entrepreneur local remue ciel et terre pour faire de la cité la capitale européenne du surf. Son rêve : construire une vague artificielle au cœur d'un parc aquatique de 50 000 m2. La moitié serait dédiée aux loisirs, avec piscines, toboggans, gonflables, restos et hôtel et surtout une première vague statique. Autrement dit une structure de 10 mètres sur 6 en forme de vague sur laquelle on propulse de l'eau. « On peut y faire de l'initiation au surf dès 8 ans. Elle ne fait qu'un mètre de haut, donc tout le monde peut s'y amuser », explique l'instigateur du projet, Christophe Bourrier. Mais le plus surprenant est ailleurs : 20 000 m2 seraient consacrés à un mini océan lançant une vague de près de 2 m toutes les 30 secondes.

Projet à 50 millions d'euros
« Beaucoup de surfeurs sont frustrés dans la région, par manque de spots. On pourrait aussi accueillir des manifestations sportives », poursuit Christophe Bourrier. Energie nécessaire pour créer cette vague : 2 MW, soit 2 fois la consommation d'Odysseum. « Je travaille avec des industriels pour trouver des solutions éco-responsables. Un système de chaudière, utilisant la biomasse ou des copeaux de bois produira de l'énergie, comme cela existe déjà dans les incinérateurs ». L'entrepreneur, ingénieur dans la vie, est aussi en pourparlers avec des multinationales pour installer sur site, leur data center : « Pour fonctionner, les serveurs informatiques doivent être refroidis par la climatisation, or c'est de l'énergie perdue que nous pourrions récupérer. » Un projet ambitieux à 50 millions d'euros. Mais pas de quoi inquiéter le Montpelliérain, qui a en déjà réuni la moitié grâce à des investisseurs privés. Reste désormais à trouver les 5 ha de foncier : huit fois le terrain de foot de la Mosson ! « On voudrait Odysseum 2. Je rencontre de nouveau les services de l'agglomération et de la Serm, ce mois-ci. L'implantation dépend d'eux ». Le quadragénaire est optimiste : « L'agglo est venue photographier la vague statique que nous avions installée en juin, lors du Fise. » Et dans les services, il se murmure même que le projet plaisait à Georges Frêche. Il avait d'ailleurs évoqué sa volonté d'implanter un surfpark à Odysseum dès 2004, dans le journal Les Echos. Christophe Bourrier, lui, mise sur une ouverture pour 2015… si les politiques surfent aussi sur la vague, bien sûr.