sauver une vie en donnant… la vie

caroline rossignol

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Le sang du cordon ombilical de 750 bébés a été prélevé.
Le sang du cordon ombilical de 750 bébés a été prélevé. — Visual & Written/SUPERSTOCK/SIPA

Depuis le début de l'année, 750 mamans ont fait don du sang du cordon ombilical de leur bébé dans la région. Soit 25 %. Deux fois mieux qu'en 2010, selon le Dr Marion Baudard, responsable de l'unité de coordination de dons du placentaire, logée au CHU et qui se réjouit d'avoir « déjà atteint plus de 132 % des objectifs». Dans un courrier, l'agence de biomédecine adresse même ses félicitations à l'unité. Et pour cause. En 2 ans d'activité, elle se classe à la deuxième place des 8 banques de sang placentaire françaises en terme de dons. Localement, le réseau repose sur 9 établissements publics et privés de la région, au lieu des 3 initialement prévus. A Montpellier, le CHU ainsi que les cliniques St-Roch et Clément­ville y adhèrent. 400 sages-femmes et obstétriciens de la région ont été formés à la technique de prélèvement.

Trésor de cellules souches
« Après la délivrance, alors que le bébé est peau à peau sur le ventre de la maman et que le cordon a été coupé, on injecte une aiguille à l'intérieur pour prélever son sang, explique le médecin. Cela dure 30 secondes à 2 minutes, c'est indolore et cela évite de jeter le cordon, considéré comme un déchet. » Or le sang obtenu est un trésor de globules rouges et blancs, de plaquettes et surtout de cellules souches du bébé.
Ce sont elles qui intéressent les banques de sang placentaire. Car une fois greffées, ces cellules permettent de reconstituer la moelle osseuse des malades atteints de leucémie et de lymphomes, après qu'ils ont subi une radio ou chimiothérapie. « L'avantage du sang de cordons, c'est qu'il y a moins d'incompatibilité qu'avec le don de moelle osseuse. C'est une solution pour les 40 % de patients qui ne trouvent pas de moelle compatible. »
Sur l'ensemble des dons, seuls 30 % seront conformes, avec suffisamment de cellules souches et une sérologie, virologie, ou bactériologie impeccables. « Que le sang placentaire soit utilisé ou non, on informe la maman », note Marion Baudard, qui espère en voir 2 000 franchir le cap en 2012. Avec une moyenne d'une naissance par heure à Montpellier, le don de cordon a une belle vie devant lui.