les lycéens dans l'oeil de la police

caroline rossignol

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5 caméras à Odysseum: devant le lycée Mendès-France et place d'Odysseum (ci-dessus). Il y en aura aussi face à la nouvelle mairie, à la Mosson et Celleneuve.
5 caméras à Odysseum: devant le lycée Mendès-France et place d'Odysseum (ci-dessus). Il y en aura aussi face à la nouvelle mairie, à la Mosson et Celleneuve. — c.rossignol / mds / 20 minutes

Dix nouvelles caméras seront fixées dans les prochains mois à Montpellier, portant leur nombre à 126. Trois d'entre elles seront braquées sur les parvis des établissements scolaires : le collège des Escholiers, les lycées Léonard de Vinci et Jean-Monnet qui se font face à la Mosson, ainsi que le nouveau lycée Mendès-France à Odysseum. Une décision antérieure au drame de Florensac où une adolescente a été battue à mort lundi aux portes de son collège, mais qui résonne comme une triste « évidence », pour la police nationale. « Les faits de violences sont en baisse à l'intérieur des établissements... mais se déplacent à l'extérieur », note le commandant Frantz Denat, le représentant de la police nationale au Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance. C'est ce conseil, chapeauté par la mairie de Montpellier, qui décide de l'implantation des caméras. « Maintenant, les jeunes se “pourrissent” sur les réseaux sociaux et règlent leur compte après les cours. L'autre problème, souligne le policier, c'est la présence de dealers quand les lycéens sortent fumer à la pause. » Frantz Denat croit en l'effet dissuasif de la caméra. « Sur 10 vols par exemple, seuls 6 sont commis, par le simple fait de repousser l'acte à une rue non surveillée, à la baisse de motivation et à l'opportunité de trouver une nouvelle cible ».

170 caméras d'ici trois ans en ville
Un rapport gouvernemental sur la vidéoprotection réalisé en 2009 révèle une baisse de 7 % de la délinquance générale en ville, entre les communes équipées du système et celles qui ne le sont pas. Fort de ce constat, la ville de Montpellier sort l'artillerie lourde, déployant 5 caméras à Odysseum. « C'est le nouveau centre ville, il faut bien le protéger ! », justifie Régine Souche, adjointe à la tranquillité publique. « S'il y a un braquage, on veut savoir où la voiture se tire », note Frantz Denat. Les entrées et sorties du quartier sont dans le viseur des caméras, tournées vers les axes routiers depuis le rond-point du Zénith, les places d'Odysseum et d'Alexandrie. La liste de nouvelles caméras doit encore s'allonger : Hier après-midi, le conseil de sécurité a en effet étudié une cinquantaine de demandes d'implantation faites par des citoyens, commerçants, comités de quartier ou policiers. Objectif de la mairie : atteindre le seuil de 170 caméras d'ici les prochaines Municipales, en 2014. En six ans de mandature, le parc de vidéoprotection aura alors doublé.