Des séparations en cascade

caroline rossignol

— 

Les cinq juges des affaires familiales sont « surchargés » de travail au TGI.
Les cinq juges des affaires familiales sont « surchargés » de travail au TGI. — c.rossignol / mds / 20 minutes

«On ne me parle plus que de séparations ! » Stéphanie, coiffeuse libérale, en perdrait presque son moral : « Je ne sais pas ce qu'il se passe, c'est une hémorragie ». Un phénomène ressenti... et bien réel. Les affaires familiales dressaient hier leur bilan 2010 des séparations : avec près de 3 800 dossiers, le nombre des séparations des couples avec enfants hors mariage (pacs, concubinage) frise les 17 % d'augmentation en l'espace de 5 ans. « Nous avons environ 100 séparations supplémentaires de ce type chaque année », estime Stéphanie Hébrard, la présidente du pôle famille au tribunal de grande instance (TGI) de Montpellier.

« Des raisons moins profondes »
Pour ce qui est du divorce, les chiffres montrent une baisse des contentieux de 5 % depuis 2005, tandis que les consentements mutuels progressent constamment (+7% sur cette période). Des procédures de séparation longues (six mois pour les pacs et concubinages, entre un et trois ans pour un divorce), au milieu desquelles les enfants sont devenus une « arme ». « Les raisons d'une séparation sont plus nombreuses et moins profondes qu'avant, où on mettait en avant les fautes, la violence ou les adultères », note Laurence Rudelle, du cabinet d'avocat Scollo-Rudelle et associés, spécialiste du divorce à Juvignac. « C'est juste un ras-le-bol. Les gens divorcent même à 60 ans. C'est vraiment le droit au bonheur qui prime. » L'avocate note que « c'est souvent la femme qui prend les devants. » Les hommes, eux, ne prendraient le large que « s'ils ont déjà quelqu'un d'autre » Et de se livrer à cet étrange constat : « Il existe des médiations pour tenter de renouer le dialogue. Je suis étonnée de voir la capacité des gens qui pourraient s'entendre, à se séparer quand même. »

enfants

Depuis 2007, une loi permet aux parents de demander l'audition de leurs enfants, dont ils peuvent consulter le contenu. Les cinq juges des affaires familiales croulent sous ces auditions toujours plus nombreuses (410 en 2010).