Déchets et hygiène, le mauvais ménage

caroline rossignol

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L'usine a continué à tourner malgré la grève.
L'usine a continué à tourner malgré la grève. — c.rossignol / mds / 20 minutes

Une dizaine de salariés a débrayé hier matin à l'usine de méthanisation de Garosud. Une première que Laurent explique simplement : « C'est un ras-le bol général. Il faut une meilleure hygiène de travail. Les salariés sont en contact avec les déchets, qui ont une odeur assez forte. Quand il fait beau, on atteint les 40 °C à l'intérieur et un taux d'humidité de 75 % et, surtout, les détecteurs sonnent sans arrêt parce que le taux d'ammoniac ou de méthane qui se dégagent est supérieur à la limite autorisée », poursuit le gréviste, actuellement en procédure de licenciement. « J'ai suis viré parce que j'ai mal répondu à un riverain qui se plaignait de l'odeur au téléphone. » Un autre témoigne : « J'ai exercé un droit de retrait pour ne pas faire un travail dangereux : je devais me glisser à plat ventre dans une goulotte de déchets et nettoyer l'intérieur. J'ai reçu une mise à pied ».

Une liste des tâches pénibles
De son côté, la direction dément avoir eu un droit de retrait entre les mains. « Ce qui est clair, c'est qu'on ne brade pas la santé de nos salariés » déclare le directeur Guillaume Ribour. Hier, avec les représentants du personnel, il a établi une liste de tâches considérées comme pénibles. «C'est vrai qu'il y a des choses qu'on peut éviter en y regardant de plus près, reconnaît-il. On peut par exemple investir dans des nettoyeurs automatiques. Jusqu'à présent, on s'est concentré sur les gros investissements, comme les désodorisants pour les éviter que les riverains subissent les nuisances, en oubliant peut-être les désagréments ici. » Pour la CFDT, il était « urgent de rétablir la communication ».

méthanisationLes déchets de vos poubelles sont triés mécaniquement. Une partie va dans des réacteurs et sort en poudre, qui est ensuite avalée par un digesteur, une sorte d'estomac géant qui la transforme en électricité et chaleur via le biogaz dégagé ou en liquide qui, séché, deviendra du compost.