La menace d'une pollution

caroline rossignol

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Trois litres d'eau ont été donnés aux habitants et 3 camions-citernes mobilisés.
Trois litres d'eau ont été donnés aux habitants et 3 camions-citernes mobilisés. — C.rossignol / mds / 20 minutes

C'était la cohue hier, dans les petites rues de Marsillargues, près de Lunel. L'eau courante a été coupée toute la journée et une distribution de bouteilles organisée dans l'urgence. A l'origine de cette mesure inédite, une suspicion de pollution dans les eaux des nappes phréatiques, bues par les 10 000 habitants. Ces nappes bordent le Vidourle, le fleuve qui traverse la commune et se jette dans la Méditerranée à hauteur du Grau du Roi.

« Une tonne de poissons morts »
Tout commence jeudi dernier par une découverte stupéfiante : « On a trouvé près d'une tonne de poissons morts, flottant dans le Vidourle », raconte Michel Génibrel, adjoint au maire.
Les premiers prélèvements font état d'une pollution « indéterminée » du fleuve, selon la direction de Suez à Béziers, dont l'agence de l'eau locale est la filiale. Mais dans la commune, les rumeurs bruissent déjà. « Il y aurait des traces chimiques. Ça relève de la pollution industrielle », s'inquiète Michel Génibrel. « Il parait que ça vient d'une usine à Sommières », ajoute Rose, retraitée.
Seule l'enquête menée par la gendarmerie déterminera l'origine de la pollution, chimique ou bactériologique, aux vues de nouvelles analyses. Restent celles des nappes phréatiques. « Ils sont bons », indiquait-on à Suez, hier soir. Décision a donc été prise de rétablir l'eau courante, tout en maintenant « l'interdiction formelle de la consommer, même bouillie », jusqu'aux résultats définitifs connus aujourd'hui. Objectif : savoir si les eaux du Vidourle ont filtré dans les nappes et les ont contaminées.