« Ils errent sans papiers et sans vêtements »

tatiana tissot

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Les caravanes de la famille de Silidor sont à la fourrière.
Les caravanes de la famille de Silidor sont à la fourrière. — T.Tissot / MDS / 20 MINUTES

Le Collectif de soutien aux Roms appelle au dialogue. Depuis l'expulsion d'un camp à Montpellier mardi dernier et la confiscation des caravanes, il déplore qu'une partie des familles se retrouvent à la rue. Le jour des expulsions, un policier avait été assommé par un Rom durant un contrôle.

Déplacés plusieurs fois
Servant de médiateurs entre les Roms et les policiers, des membres du collectif ont accompagné les familles durant la journée de mardi. Les cinquante Roumains ont d'abord été expulsés du terrain où ils résidaient dans le quartier de Garosud, tôt le matin. Les démarches pour trouver un nouveau lieu où installer leurs treize caravanes sont restées infructueuses, ils ont été délogés à nouveau par les forces de l'ordre. « Après l'expulsion du deuxième terrain près du Zénith, à 18 h, nous étions arrivés à un accord avec le commissaire – laisser le camp s'installer sans contrôle non loin de là, pour la nuit », rapporte Marion, traductrice pour le collectif. C'est là que le dérapage a lieu, sur le troisième terrain, lorsque quatre policiers veulent néanmoins effectuer un contrôle. Les médiateurs n'étaient plus sur place. « Quand on est arrivés, un policier était à terre et les Roms s'étaient éparpillés. Il y a un manque de communication en général », estime Marion.
Des bénévoles de l'association ont retrouvé des bombes lacrymogènes dans les caravanes, « qui ont probablement servi à évacuer les familles ».
Les caravanes et voitures sans papiers valables ont été conduites à la fourrière. Silidor, 16 ans, raconte que les deux caravanes où il vivait avec ses parents et ses quatre frères et soeurs ont été confisquées. « La première nuit, on l'a passée dans la voiture ». Le Collectif a perdu de vue une partie des Roms, certains dorment dans la rue selon eux. «Ils errent dans Montpellier sans abri, sans papier et sans vêtement, puisqu'ils n'ont pas pu récupérer leurs affaires dans les caravanes. Il faudrait accompagner les expulsions d'autres démarches, d'un accompagnement social,» regrette Michel Roquefort de l'association ATD Quart Monde.