Un conducteur sur dix est contrôlé positif

Nicolas Guyonnet

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Dominique Benezeth (photo du haut), ancien gendarme et responsable de la prévention à Contralco, est très présent sur les contrôles d'alcoolémie diurne et nocturnes pour sensibiliser les automobilistes. « Il y a une prise de conscience, mais elle reste encore trop faible ». A quelques kilomètres de Montpellier, Contralco fabrique les éthylotests.
Dominique Benezeth (photo du haut), ancien gendarme et responsable de la prévention à Contralco, est très présent sur les contrôles d'alcoolémie diurne et nocturnes pour sensibiliser les automobilistes. « Il y a une prise de conscience, mais elle reste encore trop faible ». A quelques kilomètres de Montpellier, Contralco fabrique les éthylotests. — N.GUYONNET / MDS / 20MINUTESN.GUYONNET / MDS / 20MINUTESN.GUYONNET / MDS / 20MINUTES

Les forces de l'ordre estiment à 2 000 le nombre de personnes qui fréquenteraient chaque vendredi et samedi les discothèques montpelliéraines. Elles avancent le chiffre de quelque 500 automobilistes qui auraient un taux supérieur à la limite légale de 0,5 g d'alcool par litre de sang. L'alcoolémie au volant est un fléau contre lequel la police nationale montpelliéraine lutte activement. « On a augmenté de 40 % le nombre de contrôles par rapport à l'année dernière », annonce le lieutenant Jérôme Crouzet, chef de l'unité de sécurité routière de Montpellier.
Des contrôles inopinés, des opérations de plus grande envergure, les policiers sont à l'affût. Une présence qui semble porter ses fruits : « On enregistre entre 8 et 12 % de baisse du nombre de conducteurs positifs, en un an ».
Mais les personnes qui conduisent en état d'alcoolémie « sont encore trop nombreuses. Un peu plus d'un conducteur sur dix contrôlé est en infraction », déplore Jérôme Crouzet.
Lors de contrôles réguliers, en week-end, les policiers peuvent enregistrer jusqu'à une trentaine d'automobilistes en infraction sur l'alcoolémie avec des taux allant jusqu'à 2 g. « Le plus souvent ce sont des hommes. Il y a autant de taux délictuels (supérieur à 0,8 gramme par litre de sang) que contraventionnels (de 0,5g à 0,8g) ». La tendance qui alerte les forces de l'ordre : « La grande part des conducteurs ivres sont jeunes . C'est un phénomène fréquent dans les villes étudiantes ». Cette tendance se confirme lors des contrôles effectués en semaine et lors de soirées étudiantes. « On a toujours autant de conducteurs en état d'ivresse, mais les taux sont plus importants ». Jeudi dernier, sur un contrôle nocturne devant le lycée Mermoz, sur quatorze automobilistes en infraction, neuf avaient un taux délictuel supérieur à 0,8 g, synonyme de retrait immédiat du permis. Les contrôles ont lieu toujours aux mêmes endroits, mais les infractions sont toujours nombreuses.
Des policiers dénoncent « l'inconscience des gens, et l'irresponsabilité des discothèques. Elles ne pensent qu'au chiffre d'affaires et pas à la sécurité des clients. Certains patrons ne jouent pas le jeu et ne se sentent pas concernés. » Ils déplorent, à proximité des discothèques, « sur l'axe de la route de la mer plusieurs morts, piétons ou en voiture ». Depuis quelques jours une discothèque lattoise Le cochon qui rit innove en proposant une navette gratuite pour ses clients qui consomment une bouteille d'alcool.